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Sortie des chenilles processionnaires : comment lutter ?

On les appelle les chenilles processionnaires et cette forme larvaire du papillon est particulièrement dangereuse pour les animaux, notamment les chiens. Depuis les années huitante, elles redoublent d’activité dans les vallées du Tessin et du Valais ainsi que dans la région lémanique. Quels sont ses dangers et comment lutter ?

 

Chenilles processionnaires aperçues en 2020 sur le trottoir de la route d’Aigle à Bex
Chenilles processionnaires aperçues en 2020 sur le trottoir de la route d’Aigle à Bex

 

Il en existe deux sortes, les chenilles processionnaires du pin et celles du chêne. La première installe son nid au bout des branches et se nourrit des aiguilles, ce qui affaiblit naturellement les arbres, lesquels sont alors sujet à d’autres attaques parasitaires. Les œufs de la seconde éclosent plus tôt, mais les chenilles attendent l’apparition des premières feuilles pour se nourrir. Elles s’installent généralement sur le tronc ou dans les fourches des branches. Cette espèce est d’ailleurs la plus urticante. 

 

Toutes les deux sont facilement reconnaissables de par leurs fins poils urticants pouvant être éjectés jusqu’à cinquante centimètres et par leur mode de déplacement en longue file indienne ; elles vivent en colonie de plusieurs centaines de chenilles. Leur prolifération s’accentue ces dernières années, notamment due au réchauffement climatique – des hivers plus doux et plus courts – qui favorise l’accroissement de ces lépidoptères.

 

Le cycle

Au printemps, entre les mois de mars et mai, les chenilles sortent de leurs nids installés dans les arbres. Elles vont d’abord s’alimenter avant de partir à la conquête de l’endroit parfait, bien ensoleillé, pour débuter la procession de nymphose qui se réalise sous terre. 

 

Quelques semaines plus tard, les processionnaires tissent des cocons individuels et se transforment en chrysalides ; état dans lequel elles peuvent rester plusieurs mois ou années selon les régions (jusqu’à cinq ans chez nous). Au bout de quelques mois, un soir d’été, les chrysalides se métamorphosent en papillons et sortent enfin de la terre.

 

Ensuite, les femelles et les mâles s’accouplent. Alors que ces derniers meurent seulement un à deux jours après, les femelles vont pondre entre 70 et 300 œufs dans les arbres avant de mourir à leur tour. Environ un mois plus tard, les chenilles éclosent.

 

Elles vont construire un premier abri qui passe quasiment inaperçu. Lorsque cette première zone choisie n’offre plus suffisamment de nourriture, les chenilles vont émigrer plus haut dans l’arbre. Au quatrième stade larvaire (là où les poils deviennent urticants), les processionnaires vont former un nid volumineux pour passer l’hiver ; ces derniers, de couleur gris argenté, sont tissés dans les couronnes des arbres et se remarquent particulièrement bien.

 

Les dangers

Les chenilles de printemps sont recouvertes de fins poils urticants capables de provoquer chez l’homme une irritation de la peau semblable à des piqûres d’orties. Les conséquences peuvent être plus ou moins graves selon la sensibilité des individus touchés. Les poils qu’elles perdent et portés par le vent risquent également d’importuner les promeneurs.

 

Mais ces processionnaires sont avant tout dangereuses pour les animaux, notamment les chiens. « La truffe est l’organe qui est principalement touché, certains même les avalent. La douleur est trop intense pour ces derniers qui doivent souvent être endormis », explique le Service des forêts de la commune d’Aigle.

 

Dans le cas d’un contact avec les animaux, les symptômes sont variés : ils se mettent à baver, la langue gonfle et peut virer au violet, une nécrose peut occasionnellement se produire ce qui pourrait faire tomber ou demander une amputation d’une partie de la langue. Une action rapide du vétérinaire est donc vitale.

 

La lutte

Tout d’abord, il est bon d’adopter les bonnes habitudes pour éviter au maximum les accidents. Il faut éviter de pique-niquer aux abords de pins ou de chênes. Certaines zones dans le Chablais sont peut-être à éviter durant la période de procession (mars à mai) : le bord du Rhône pour la commune d’Aigle et le long de la Gryonne pour Bex. Des panneaux explicatifs mettent d’ailleurs en garde les promeneurs dans ces zones dans lesquelles il serait d’ailleurs préférable de garder les chiens en laisse, ce qui, en prime, est une obligation entre le 1er avril et le 15 juillet afin de ne pas déranger la faune durant cette période de mises bas et de nidification.

 

Les services communaux concernés mettent également les bouchées doubles pour combattre ces chenilles. Celui d’Aigle témoigne : « Nous enlevons manuellement les nids ; la solution la plus efficace. Les branches sont coupées et enfermées dans un sac avant d’être brûlées. Nous installons également des sacs de récolte autour des arbres infestés et qui contiennent de la terre. Ces derniers sont ensuite brûlés. Cette année, nous testons une nouvelle solution : l’installation de nichoirs à mésanges. Ces oiseaux sont les principaux prédateurs de ces processionnaires. Il est bon de relever qu’à Aigle, nous constatons une diminution du nombre de chenilles en raison de nos actions. »

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Article écrit par

Zoé Gallarotti

Zoé Gallarotti

Rédactrice en chef

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