Le point de la rédaction

Janvier 2022

 

À la fin du mois de novembre j’ai eu la chance de vivre un moment fort sympathique : une réunion d’anciens élèves. Sur le papier, cela ne semblait pas folichon. En même temps, les réunions de classes ce n’est pas trop mon truc. Mais un point m’a titillée : il s’agissait d’élèves qui avaient effectué leur scolarité à Bex entre les années 1954 et 1958. Autant dire que ça date ! Certains ne s’étaient pas revus depuis plus de 60 ans. Rien que ça ! Et la cerise sur le gâteau, leur enseignante était présente. Honnêtement, j’ai trouvé cet instant vraiment touchant.

 

En prime, il s’agit d’une époque que je n’ai pas connue. Le système scolaire a depuis beaucoup évolué. Nous ne nous faisions pas taper sur le bout des doigts lorsque nous chahutions en plein cours. Quoique je me rappelle avoir un jour esquivé de justesse une brosse pour le tableau noir qui a volé à travers la classe. Mais nous étions relativement sages… j’ai bien dit relativement ! Ça n’avait toutefois rien à voir avec les générations actuelles ; au moins, nous n’insultions pas nos professeurs et passions plus de temps à apprendre les mathématiques ou le français que les bonnes manières. Pour ça au moins nous étions rodés.

 

En parlant de la langue française, je ne prétends pas être une experte. J’avoue qu’à la sortie de l’école j’avais pas mal de lacunes au niveau de l’écrit. Mais j’avais les bases. Je me suis ensuite améliorée en apprenant les nombreuses subtilités existantes. Alors lorsque je suis témoin de la réforme de notre belle langue pour faciliter la nouvelle génération d’illettrés, je tilte. Mais ce qui me fâche encore plus, c’est lorsqu’on touche à la langue française pour une pseudo question d’égalité des sexes. Une auteure (avec un e) ou, pire encore, autrice, pour ne citer que ces exemples. Les formules rallongées pour intégrer tous les genres me donnent également la nausée : « cher.e.s lecteur.rice.s ». Cela s’appelle l’écriture inclusive il paraît. Moi j’appelle ça de l’écriture bourrative. En plus c’est moche et difficile à lire !

 

Je pensais pourtant avoir vu le pire, mais je me trompais. Dernièrement, le pronom « iel » a été proposé par notre ami Robert. Je dois bien avoir une corde et un tabouret dans un coin ! Pour ceux qui se posent la question, « iel » sert à supprimer la question du genre que l’on retrouve dans les pronoms « il.s » ou « elle.s ». Selon moi, tou.te.s ces décidant.e.s sont peut-être fier.ère.s de la langue française, mais « iel.le.s » devraient arrêter de casser ainsi les pieds aux citoyen.ne.s. Non, sérieusement, le monde va déjà assez mal, il n’est pas nécessaire d’en rajouter !

Point Chablais