L’art de faire parler la pierre

Au cœur de la gravière du Lessus à St-Triphon, la sculpteure Nathalie Delhaye travaille la pierre. Sa muse : la lumière qu’elle reproduit à travers ses œuvres. Elle met également à disposition ses connaissances dans des cours ouverts à tous, même aux débutants.

Les mains d'une élève en cours de sculpture
Les mains d’une élève en cours de sculpture



Une âme d’artiste

Depuis toute jeune, Nathalie Delhaye a baigné dans le domaine de l’art : une formation familiale transmise par ses parents, mais aussi à l’occasion de cours du soir de modelage à l’école d’arts appliqués à la Chaux-de-Fonds. C’est ensuite en tant qu’infirmière qu’elle est entrée dans la vie active. Mais son côté artistique a pris le dessus ; elle suivit alors un stage de sculpture sur marbre au Centre Acro Arte à Carrara en Italie. « Je suis venue à la sculpture spontanément, c’était ancré en moi », confie-t-elle.

Nathalie Delhaye vit de son art depuis plus de vingt ans. « Je travaille essentiellement sur commande », explique-t-elle. Au niveau national, elle a participé à plusieurs expositions importantes comme, entre autres, Bex & Arts en 2017 et l’Exposition nationale suisse de 2008 à Vira Gambarogno. « Pour cette dernière, j’y ai présenté l’une de mes œuvres les plus importantes : une pièce en composite haute de 4.50 mètres. » L’une de ses créations est également visible devant le bureau Constantin Octodure à Martigny. « Il s’agit d’une œuvre en granite de douze tonnes. »

Le travail de Nathalie Delhaye a aussi largement passé les frontières suisses. Depuis sept ans, elle est régulièrement invitée au Japon où elle côtoie un groupe de sculpteurs japonais avec lesquels elle expose et travaille régulièrement en compagnie d’artistes internationaux.

 

De la pierre à l’œuvre

Il existe de nombreux types de pierre : basalte, pierre calcaire, quartzite, grès, stéatite (pierre de savon), schiste (ardoise) en sont quelques exemples. Le granite et le marbre séduisent la sculpteure de St-Triphon. « Le marbre de St-Triphon est historique. Pour en récupérer, je le rachète dans des maisons en démolition. » Natalie Delhaye résume son activité avec les mots suivants : risques, action, discipline et projets. En effet, elle crée des pièces exclusives pour des collections publiques et privées. Quant aux risques, ces derniers sont importants. Sa dernière œuvre a été créée depuis un bloc de 22 tonnes. « Si la pièce comporte le moindre défaut, c’est la pierre tout entière qui est perdue ; ce qui représente plusieurs milliers de francs », indique-t-elle. Les risques peuvent aussi être physiques ; il faut être discipliné et attentif pour éviter les accidents, mais également parce que l’artiste travaille à l’extérieur, tout au long de l’année et par tout temps.

 

Nathalie Delhaye qui taille un bloc de marbre noir de 22 tonnes
Nathalie Delhaye qui taille un bloc de marbre noir de 22 tonnes
©©Thierry Porchet /image21.ch

 

À partir d’un bloc de pierre, Nathalie Delhaye transmet un message, une partie d’elle-même. Elle fait des recherches sur la spatialité de la lumière par le biais de la photographie, la vidéo et la sculpture. « Je filme la lumière en travelling lent. J’ai une préférence pour la rivière de l’Avançon. Je prends des dizaines de milliers de clichés. J’en sélectionne ensuite cinq ou six depuis lesquels je travaille. Ma sculpture est un message d’espoir, de beauté et de finesse. »

 

Des cours pour tous

Afin de transmettre son savoir faire, mais également pour donner confiance à ses élèves et qu’ils s’épanouissent à travers la sculpture, Nathalie Delhaye donne des cours trois fois par semaine. « Nous sommes tous capables de pratiquer cette activité. Il n’est pas nécessaire d’avoir de quelconques connaissances en la matière, il suffit d’avoir confiance en soi. J’aime accompagner mes élèves, les comprendre et les emmener plus loin que les limites qu’ils se sont fixées. »

 

La totalité du matériel est fourni : tant l’outillage – l’occasion d’ailleurs de découvrir des outils anciens – que le matériel de sécurité (chaussures de protection, casque, masque, gants, etc.). Le café et le croissant sont également partagés et des douches et WC sont disponibles. Les sessions sont divisées en dix cours de trois heures, le temps nécessaire pour ensuite repartir chez soi avec sa création, quel que soit son poids. « J’aide aussi pour le transport des œuvres. » Au départ, les élèves testent des outils sur plusieurs pierres avant de travailler dessus à la main ou avec des machines. Tout au long du processus créatif, Nathalie Delhaye est présente. Je les encadre sans jamais toucher à leur œuvre. J’ai des élèves qui exposent ou vendent leurs créations », se réjouit Nathalie Delhaye.

Informations

www.nathaliedelhaye.com
www.sculpture-cours.com
079 373 15 70

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Article écrit par

Zoé Gallarotti

Zoé Gallarotti

Rédactrice en chef

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