Fabienne Vallélian : un nombre complexe

Fabienne Vallélian, femme au grand cœur, voue sa vie à l’enseignement. Elle a d’ailleurs vu grandir un bon nombre d’enfants. Assise derrière son pupitre, le sourire en coin, elle partage avec nous son histoire, sa passion et son amour pour les chiffres.

Pour la photo, Fabienne Vallélian s’est lancée dans un calcul sur le tableau noir de sa classe
Pour la photo, Fabienne Vallélian s’est lancée dans un calcul sur le tableau noir de sa classe


Au mois de janvier dernier, nous vous présentions brièvement l’Aiglonne à l’occasion d’un article sur la 35e édition du Championnat International des Jeux Mathématiques et Logiques. À l’aise avec les chiffres, l’enseignante nous confiait sa joie d’y participer chaque année. Après une première qualification, elle est finalement sortie du concours en demi-finale. Qu’à cela ne tienne ! l’essentiel est de participer. Peu importe le résultat, l’occasion était trop belle pour apprendre à mieux la connaître !

C’est donc au collège Kiwi à Aigle, dans sa classe, que la rencontre a eu lieu. Le temps s’est comme arrêté et l’exceptionnel silence de la classe a laissé place à une conversation passionnante concernant les enfants, l’éducation et l’évolution du système scolaire. Chaleureuse, un brin timide, mais surtout modeste, Fabienne Vallélian est revenue sur une carrière bien remplie et ponctuée de nombreuses anecdotes.

Le rapport

Fabienne Vallélian, fille de deux enseignants – la pomme ne tombe jamais loin de l’arbre –, a étudié les mathématiques et la science au collège puis au gymnase. Après un essai peu concluant en chimie, elle a opté pour une voie en diplôme général. Depuis, elle enseigne toutes les branches. Actuellement, sa classe compte 19 élèves âgés entre 10 et 11 ans. « Il y a une majorité de garçons, 12 au total ; un déséquilibre qui se ressent en termes de discipline. Ça part vite en violence ou en insultes », explique-t-elle. L’éducation n’est plus la même. Les enfants, souvent laissés à eux-mêmes. Les professeurs ont aujourd’hui un rôle social bien plus important qu’avant. « Nous devons leur apprendre la discipline, la politesse et collaborons avec différents professionnels de l’enfance : psychologue, assistant social, etc. »

Après 38 ans d’enseignement, Fabienne Vallélian constate une grosse évolution tant du système scolaire que du comportement des élèves. « Avant, ils s’appliquaient plus. Le goût du travail bien fait, comme des devoirs mis en valeurs, a disparu. » À ce propos, l’enseignante revient sur son enfance et son papa qui lui a transmis l’envie de bien faire. « Un jour, il a retapé l’escalier de notre chalet. Lorsque le travail fut terminé, il s’est reculé et, tout en observant son travail, a dit : Ouais… je suis content ! Ça m’a marquée. » Mais aujourd’hui, la réalité est différente. Fabienne Vallélian le confirme : « L’attitude a changé et les objectifs ne sont plus les mêmes. Il faut beaucoup plus pousser les élèves, les accompagner ; ça demande une grande énergie. » Malgré tout, je me passionne toujours autant pour ce métier et les enfants. Et puis si c’était trop facile, ce ne serait pas intéressant ! »

La différence

Les élèves ont vécu une année 2020 particulière. « La reprise fut difficile et ils ont pris du retard. Nous n’avons jamais eu autant d’échecs scolaires », indique Fabienne Vallélian. « La génération COVID », comme l’appelle l’enseignante, paye cher les conséquences de la pandémie. Ce retard additionné à un niveau général qui baisse cruellement avec les années donne un résultat frappant. « Le manque de communication avec les parents et les outils informatiques jouent un rôle important dans la pauvreté du vocabulaire des élèves. En résultent de grosses lacunes en expression orale et écrite. Dans les autres matières, ce n’est guère mieux. La raison est aussi due au fait que nous œuvrons plus socialement que nous n’enseignons. »

L’addition

En plus d’un amour pour la langue française, Fabienne Vallélian s’est toujours passionnée pour les chiffres. Dès l’école primaire elle a décroché un prix pour ces deux matières. Le Championnat International des Jeux Mathématiques et Logiques est un beau défi tant pour elle que pour ses élèves. « Certains courent le marathon, moi je participe à ce concours », confie-t-elle. Elle a d’ailleurs été la première enseignante d’Aigle à y participer. « Au départ, je m’étais proposée pour corriger les épreuves. N’ayant obtenu aucune réponse, lorsque les inscriptions se sont ouvertes aux adultes, je me suis lancée. » Depuis plus de dix ans maintenant, elle participe à ce championnat et motive ses élèves à la suivre.

Le résultat

Les minots de Fabienne Vallélian peuvent se sentir chanceux. Elle ne compte pas ses heures, se donne cœur et âme et sa plus belle récompense c’est les sourires des enfants, notamment lorsqu’ils ont compris ou retenu l’un de ses enseignements. Elle se réjouit également de revoir ses anciens élèves et de savoir ce qu’ils sont devenus. À une poignée d’années de la retraite, Fabienne Vallélian réfléchit déjà à ce qu’elle fera après. « C’est certain que je continuerai à me rendre utile pour les enfants ! », conclut-elle.

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Article écrit par

Zoé Gallarotti

Zoé Gallarotti

Rédactrice en chef

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