Hypnose : comment communiquer avec notre inconscient

L’hypnose est un état de conscience modifié appelé aussi état de transe. Un phénomène que nous vivons tous au quotidien : des moments de rêverie pendant la réalisation d’activités telles que la cuisine, le ménage ou même la promenade de Médor. La Bellerine, Adrienne Chollet Stettler, praticienne en hypnose, nous ouvre les portes de son cabinet et nous guide au travers de ce sujet passionnant.

 

L’inconscient au cœur de l’hypnose

Ces dernières années, l’hypnose thérapeutique a le vent en poupe. Pour arrêter de fumer, gérer et apaiser des douleurs chroniques, prévenir ou accompagner le burnout, ses bienfaits sont nombreux. Pour bien comprendre l’hypnose, il faut savoir que nous possédons une partie consciente et une partie inconsciente. Cette dernière contrôle notamment le fonctionnement de nos organes. Les informations ne sont pas enregistrées de la même manière par ces deux parties. Par exemple, lorsqu’une personne vit une épreuve négative, toutes les sensations liées à ce moment sont emmagasinées dans l’inconscient et ressurgissent lors d’un événement similaire. Cela génère un traumatisme, bien souvent oublié par le conscient, mais très présent dans le subconscient. L’hypnose permet alors d’accéder à l’inconscient afin que le patient puisse mobiliser les ressources qu’il possède et dont il a besoin pour se sentir mieux.

Adrienne Chollet Stettler
Adrienne Chollet Stettler


Différents degrés de transe

Il existe trois degrés de profondeur en hypnose : léger, moyen et profond. Dans le premier cas, la personne hypnotisée est tranquillement absorbée dans l’expérience. « Prenons le cas d’une conférence durant laquelle une personne parle très lentement et doucement. Nous allons facilement perdre le fil et partir dans nos pensées. Il s’agit d’une forme de transe. Au même titre qu’un enfant qui s’invente un monde pour jouer », explique Adrienne Chollet Stettler. Les deux autres degrés sont différents. « L’hypnose moyenne amène le patient à oublier certains moments de la séance ou même l’intégralité de l’expérience hypnotique. Ses mouvements oculaires peuvent être rapides et il lui arrive de changer de positions en fonction des suggestions proposées. Son tonus musculaire varie également pendant la séance. L’hypnose profonde induit un état de somnambulisme. Le patient peut avoir les yeux révulsés, des hallucinations visuelles et auditives. Sa motricité est ralentie », nous indique le petit guide « J’ai envie de comprendre l’hypnose » de Y. Théraulaz, E. Bonvin et A. Wolff. Dans les trois cas, tout ce qui peut être réalisé durant une séance dépend entièrement de la volonté du patient.  

 

Une relation de confiance

Bien que tout le monde soit hypnotisable, Adrienne Chollet Stettler rappelle l’importance de la confiance entre un thérapeute et son patient. Il ne faut pas confondre l’hypnose thérapeutique et l’hypnose de spectacle. Prenons le cas de ces émissions à la télévision durant lesquelles des praticiens font faire tout et n’importe quoi à des personnes hypnotisées. « L’hypnose de spectacle est extrêmement directive. La personne doit d’ailleurs avoir envie de se laisser faire pour que cela fonctionne. L’hypnose thérapeutique aborde une approche beaucoup plus participative. J’accorde énormément d’importance au monde des patients : les mots qu’ils utilisent, leurs sensibilités ou leurs passions. Je m’adapte à eux pour mieux les accompagner, les guider afin qu’ils trouvent les réponses ou les solutions pour se sentir mieux. D’ailleurs, nous travaillons de manière ciblée. Pour cela, nous établissons préalablement des objectifs réalistes. Et, souvent, ce qui bloque, ce n’est pas un événement précis, mais les croyances qui y sont associées. Avec l’hypnose, nous modifions le regard et les perceptions afin de laisser parler la part en nous qui sait. En outre, cette pratique ne permet pas de modifier un événement, mais d’en modifier sa perception. »

 

Les bienfaits de l’hypnose

Dans de nombreux cas, l’hypnose est bénéfique, que ce soit pour un deuil (tant le décès d’un proche qu’un déménagement, un changement d’emploi, etc.), des dépendances, troubles alimentaires, douleurs, stress, dépression et d’autres situations encore. Souvent, une à deux séances suffisent déjà pour ressentir un mieux-être. « Concernant des cas de traumatismes graves, il est préférable de faire appel à un psychothérapeute ou un psychiatre qui pratique l’hypnose. Pour ma part, j’accompagne les patients dans des états de transe légère et moyenne. Mon rôle est de les guider dans leur propre cheminement intérieur, à la découverte de leurs propres ressources, pour transformer leurs difficultés ou blocages, exprimer leurs besoins et leurs émotions, restaurer leur estime ou leur confiance en soi ou tout simplement pour enrichir leur monde intérieur. Je leur donne également des outils afin qu’ils deviennent autonomes et qu’ils puissent pratiquer l’autohypnose dont les vertus sont multiples : se ressourcer, aide à retrouver un sommeil réparateur, gérer le stress, etc. », précise Adrienne Chollet Stettler.

 

Art thérapie et hypnose

Adrienne Chollet Stettler a d’abord travaillé comme assistante médicale puis comme intervenante en relation d’aide et en toxicodépendance avant d’intégrer le foyer la Fontanelle en tant qu’éducatrice. « Par la suite, j’ai pratiqué l’art-thérapie dans ce même foyer durant douze ans. » Elle s’est également intéressée à l’hypnose. « Durant ma formation d’art-thérapeute, je suis tombée sur un flyer qui parlait de cette pratique. D’abord curieuse, j’ai été séduite par cette approche, j’ai eu l’intuition que ça pouvait enrichir ma manière d’accompagner les gens et ce fut le cas », explique-t-elle. Depuis trois ans maintenant, après avoir suivi une formation à l’Institut Romand d’Hypnose Suisse (IRHyS), elle exerce l’hypnose thérapeutique. « Habitant Frenières-sur-Bex, j’ai voulu revenir dans la région au niveau professionnel après avoir exercé cinq ans à Monthey. En plus d’accompagner des jeunes au SeMo (Semestre de Motivation), j’ai ouvert un cabinet à Bex au mois d’avril 2020 »

La Bellerine associe l’art-thérapie et l’hypnose, deux activités complémentaires. « Elles ont les mêmes intentions : la mobilisation des ressources et le travail sur l’imaginaire », explique-t-elle. L’art-thérapie – lire notre dossier paru dans l’édition 151 – permet une expression de soi non verbale à des fins thérapeutiques. « Il ne s’agit pas d’une recherche esthétique, mais de laisser un mouvement s’installer : une forme d’état de conscience modifié. »

Quant à l’association de ces deux pratiques, Adrienne Chollet Stettler l’explique ainsi : « Prenons par exemple une douleur. Par l’hypnose, nous la visualisons et la transformons en quelque chose d’autre. Quelque chose qui nous fait du bien. Nous représentons ensuite le résultat physiquement par le biais de l’art-thérapie. Nous pouvons ensuite poursuivre le processus en travaillant cette création en hypnose et ainsi de suite, tel le ricochet d’une pierre sur l’eau. »

Des ateliers ressources

Hypnose, hypno natal (pour aider à vivre la grossesse sereinement et appréhender positivement l’accouchement), art-thérapie, pour enfants, adolescents et adultes, prévention et suivi du Burn out, accompagnement au processus de deuil, les possibilités sont multiples avec Adrienne Chollet Stettler. Elle propose également quatre ateliers ressources. Le premier, « Les Matriochkas », emmène les participants à décorer ces petites poupées en bois qui s’emboîtent les unes dans les autres. Le but étant de donner corps à ses différentes facettes intérieures. Les « Rencontres Pluri’Elles » sont destinées à la gent féminine, invitée à partager un moment créatif. Les ados peuvent également s’exprimer avec l’atelier « Spécial Ados » destiné à apprendre à se connaître et à se faire confiance. Pour terminer, « Au fil des saisons » est une rencontre en quatre temps, une par saison, qui se veut être un cheminement intérieur s’inspirant de la nature.

L’hypnose, si elle est bien pratiquée, peut s’avérer très surprenante et efficace. Faut-il toutefois se méfier des charlatans et faire appel à des praticiens agréés car si elle est mal pratiquée, elle peut être contreproductive. Le site internet de l’IRHyS partage une liste des praticiens formés et travaillant en Suisse romande.

Il faut le vivre pour comprendre

Terminons cet article par quelques mots concernant cet état de conscience modifié que j’ai vécu grâce à la généreuse invitation d’Adrienne Chollet Stettler. Durant une heure – temps impossible à calculer sur le moment –, mon esprit a voyagé. J’étais consciente de mon corps, mais il semblait lourd, totalement ancré dans le fauteuil dans lequel je me trouvais ; une sensation de bien-être extrême. Je pouvais parler, bouger, j’étais éveillée, mais comme distraite, absente. Guidée par Adrienne Chollet Stettler, je me suis retrouvée dans un endroit où je me sentais en sécurité. Quelque part, je savais bien où je me trouvais, mais lorsque j’ai rouvert les yeux, j’ai ressenti une sensation étrange : un peu comme lorsque nous dormons dans un autre lit que le nôtre et qu’au milieu de la nuit on se réveille et qu’il nous faut quelques instants pour comprendre où nous nous trouvons. Il m’est difficile de mettre des mots sur cette expérience. J’en suis ressortie extrêmement détendue et émue… Des sensations qui m’ont accompagnées le reste de la journée.

Informations

Adrienne Chollet Stettler
079 824 76 92
Rte du Stand 11
1880 Bex

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Thêmes

Article écrit par

Zoé Gallarotti

Zoé Gallarotti

Rédactrice en chef

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