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Un autre regard sur les Mines

Lumières éteintes, couloirs serrés, cœurs palpitants ; le 11 mai dernier, nous sommes partis à la conquête des Mines de Sel de Bex munis d’une lanterne. Une visite hors du commun qui nous a fait découvrir ce lieu chargé d’histoire d’un autre regard. La balade, longue d’environ 1,5 kilomètre, est facile ; durée de 2h15. Les enfants dès 4 ans peuvent prendre part à cette activité dont le prix du billet varie entre 10 et 35 francs selon l’âge.

 

Une visite avec comme seule lumière : une lanterne
Une visite avec comme seule lumière : une lanterne

 

Des visites uniques

Il est un peu plus de 17 heures et notre guide arrive, Nicolas Antille. L’accompagnateur en montagne de formation œuvre pour les Mines de Sel depuis six ans ; il a longtemps été responsable de l’activité HalloMines (une aventure insolite dans les galeries à l’occasion d’Halloween). Mais il s’agit de sa dernière visite à la lanterne avant de pouvoir profiter d’une retraite active ; il va poursuivre son poste de coordinateur de la formation d’accompagnateur en montagne pour la France.

 

Après avoir reçu un casque et une lanterne, notre guide nous apprend que nous allons partir sur les traces du premier mineur, Maxime Roche, qui est à la recherche d’un trésor : le soufre, que l’on sent parfois à l’intérieur des galeries. Nous rejoignons tout d’abord le réservoir rond afin de regarder le film qui présente l’histoire des Mines de Sel de Bex et sa fusion avec le groupe Salines Suisses SA. Les lumières s’éteignent, nous allumons nos lanternes et, après avoir passé le réservoir Marie-Louise et le puits du Bouillet, nous grimpons dans le train des mines. Quelques minutes plus tard, ce dernier s’arrête.

 

Nicolas Antille a encadré notre visite à la lanterne
Nicolas Antille a encadré notre visite à la lanterne

 

L’aventure débute réellement. A l’intérieur de la montagne, sous des tonnes de roche, nous poursuivons, à pied, sur les rails bordés de chaque côté par des tuyaux contenant de la saumure. Difficile d’imaginer le nombre d’heures passées à creuser à la main, au marteau et à la cisette, avec une avancée de seulement cinq mètres par mois.

 

Après une brève présentation de Albert de Haller, ancien directeur des Mines de Sel de Bex, notre guide nous propose une série d’énigmes avec plusieurs réponses à choix. Chaque réponse mène à un autre couloir, à une autre pièce. Un concept pour le moins original. « De cette manière, je ne fais jamais deux fois le même parcours. Avec chaque groupe, l’ambiance est différente. De plus, les anecdotes et informations données varient d’une visite à l’autre, ce qui fait que l’on ne s’ennuie jamais », confie-t-il. Au final, les participants traversent plus ou moins les mêmes galeries, découvrent approximativement les mêmes salles, mais dans un ordre différent. Chaque visite est donc unique. Un effet de nouveauté accentué par les lumières éteintes qui nous font apprécier les lieux différemment. Finalement, on ne se lasse pas d’arpenter les couloirs et de plonger dans les passionnants récits contés par la douzaine de guides qui travaillent aux Mines de Sel de Bex.

 

Reproduction de la gravure du premier mineur, Maxime Roche
Reproduction de la gravure du premier mineur, Maxime Roche

 

Toujours plus d’anecdotes

Ainsi, nous avons grimpé le petit escalier de 70 marches ; plus accessible que le grand et ses 734 marches que l’on descend lors du TrekkMines, autre activité testée par le Point Chablais dans l’édition n° 136. Nous avons également traversé le chemin des cailloux, emprunté par les mineurs de l’époque qui transportaient jusqu’à 50 kilos de cailloux sur leur dos, puis la cave dans laquelle vieillit du vin de la Vinicole de Bex, car les conditions y sont optimales. Nous croisons des stalactites de sel. Lorsque les plus grandes tombent, elles sont ramassées. Notre guide pointe du doigt une stalactite assez longue et fine : « Elle représente environ 500 grammes de sel », indique-t-il. Nous voyons la foreuse qui sert à extraire des carottes. Nous goûtons l’eau salée de la fontaine de saumure. « Est-elle plus ou moins salée que l’eau de mer ? », demande notre guide. Les réponses sont partagées. « La salinité est de 300 grammes par litre, alors que la mer est à environ 35 grammes par litre ! Mais la teneur en sel étant de toute manière trop élevée pour nous, il est probablement trop difficile pour notre cerveau de faire la différence. Pour certains, c’est plus salé que l’eau de mer, pour d’autres ça l’est moins », précise-t-il avant d’ajouter : « Un jour, un visiteur m’a demandé la teneur en sel d’une larme. J’ai dû me renseigner. La réponse est de 7 grammes par litre. » Nous tombons enfin sur un vestige du premier mineur, Maxime Roche : la reconstitution d’une gravure – l’originale étant partiellement recouverte d’eau. Nous passons à côté d’un puits de 100 mètres de profondeur. Nous savourons ensuite du gruyère stocké durant plusieurs semaines. « Deux fois par semaine, nous le retournons et nous y passons de la saumure. » Finalement, nous remontons dans le train pour sortir des mines. Avant de quitter le site touristique, nous goûtons des chips non salées que nous pouvons assaisonner avec les différentes gammes de Sel des Alpes. Notre guide nous pose une toute dernière question : « Que serait la vie sans sel ? ». Nettement moins savoureuse, peut-on entendre.

 

Un effet de nouveauté accentué par les lumières éteintes qui nous font apprécier les lieux différemment
Un effet de nouveauté accentué par les lumières éteintes qui nous font apprécier les lieux différemment

 

Le temps est passé très vite, mais nous ressortons grandis avec des connaissances supplémentaires. Par exemple, les lampes à huile de l’époque contenaient de l’huile de noix. Lorsque les salles sont grandes c’est parce que du sel y a été trouvé. Le sel extrait à la forme de petits cubes. Le site de Bex produit 90 tonnes de sel par jour contre 100 tonnes par heure pour ceux de Bâle. Seulement 6% à 10% du sel sert à l’alimentaire…

 

Une partie du parcours nous emmène sur et hors du sentier touristique
Une partie du parcours nous emmène sur et hors du sentier touristique

 

Conclusion

Un magnifique moment à vivre, une expérience inoubliable que nous vous conseillons fortement. Même après cent visites dans les Mines de Sel de Bex, nous apprenons toujours quelque chose. Car comme disait Confucius : « L’expérience est une lanterne attachée dans notre dos qui n’éclaire que le chemin parcouru. »

 

La cave avec les bouteilles de la Vinicole de Bex
La cave avec les bouteilles de la Vinicole de Bex
La fontaine de saumure
La fontaine de saumure
Le gruyère stocké dans les mines
Le gruyère stocké dans les mines
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Article écrit par

Zoé Gallarotti

Zoé Gallarotti

Rédactrice en chef

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