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Plate-Forme Jeunesse : 30 ans à guider les jeunes dans le monde professionnel

La Fondation à but non lucratif Plate-Forme Jeunesse a fêté ses 30 ans d’existence le 12 juin dernier. Trois décennies durant lesquelles elle n’a cessé d’évoluer avec toujours comme objectif premier d’accompagner les jeunes dans leur insertion et leur parcours professionnel.

 

Jolan Parchet à gauche et Jonathan Zang Ondoua à droite
Jolan Parchet à gauche et Jonathan Zang Ondoua à droite

 

Entrer dans le monde du travail n’est jamais une étape évidente. Alors qu’en grandissant, nos goûts changent et nos perspectives d’avenir avec eux, la question revient régulièrement : « que veux-tu faire plus tard ? » Si la réponse n’est pas facile, elle l’est encore moins lorsqu’il s’agit de trouver une branche précise, tant les possibilités sont aujourd’hui nombreuses.

 

Il y a quelques décennies seulement, les jeunes envisageaient souvent des professions bien identifiées, comme menuisier, boucher, mécanicien ou encore employé de commerce. Depuis, les métiers se sont considérablement diversifiés. Derrière une profession comme employé de commerce se cachent désormais de nombreuses spécialisations, allant des ressources humaines au marketing digital en passant par la logistique ou l’e-commerce.

 

Cette multiplication des possibilités rend les choix d’une orientation à la fois plus riches et plus complexes. Cette diversification des parcours présente toutefois des avantages indéniables : nous ne choisissons plus nécessairement un métier que nous exercerons durant toute notre vie. Un CFC en poche ouvre la porte à de multiples perspectives d’évolution, que ce soit au sein de la branche initialement choisie ou dans un domaine totalement différent. Les passerelles se sont développées et permettent d’adapter son parcours au fil de ses aspirations, de ses compétences ou des opportunités qui se présentent.

 

Malgré tout, la question de savoir quoi faire plus tard reste compliquée, même avec ces progrès. Les jeunes n’ont pas toujours toutes les cartes en main à la sortie de l’école. Il y a trente ans, Jean-Marc Thévenaz, sensible à cette problématique, a lancé le projet Plate-Forme Jeunesse avec une poignée de personnes. L’objectif premier : découvrir concrètement les métiers en réalisant des stages en entreprises, organiser des ateliers thématiques afin de découvrir différents secteurs d’activité, mais également apprendre à rédiger une lettre de motivation, un curriculum vitae et à passer un entretien d’embauche.

 

L’expérience comme moteur d’insertion

À l’origine, Plate-Forme Jeunesse concentrait son action sur le SeMo (Semestre de Motivation), sa mission principale. Cette mesure de transition entre la fin de la scolarité obligatoire et le monde du travail, destinée aux 15 à 25 ans, existe à l’échelle nationale. La fondation a toutefois joué un rôle pionnier en permettant son implantation dans le Chablais. La structure chablaisienne compte parmi les premiers dispositifs de ce type en Suisse romande. Aujourd’hui, le canton en compte six, répartis sur son territoire. Plate-Forme Jeunesse assure la gestion de celui du Chablais, déployé sur les sites d’Aigle et de Bex.

 

Découvrir concrètement les métiers en réalisant des stages en entreprises
Découvrir concrètement les métiers en réalisant des stages en entreprises

 

Sa mission est de définir avec les jeunes un projet d’avenir réaliste et réalisable, puis de les accompagner tout au long du processus, de l’acquisition et du développement de compétences à l’obtention d’une place d’apprentissage. Dès le départ, Plate-Forme Jeunesse a souhaité faire du SeMo bien plus qu’une simple mesure de transition. Souvent associé aux jeunes sans emploi ou en rupture de parcours, ce dispositif souffre parfois de préjugés qui occultent son rôle essentiel. Convaincue que les participants ont avant tout besoin d’expériences concrètes pour reprendre confiance en eux et trouver leur voie, tout en comprenant réellement les défis qui les attendent dans le monde du travail, la fondation a progressivement mis sur pied des ateliers et des activités dans de nombreux secteurs. Ainsi, dans le cadre de SeMo Chablais, elle exploite une boutique de seconde main à Bex, Les P’tits Malins, et assure aussi différents mandats, parmi lesquels figurent la gestion administrative de cantines de la région et la location de vaisselle réutilisable. Ces activités permettent aux participants d’acquérir une expérience pratique dans des conditions proches de celles d’une entreprise, et ce, dans des domaines variés.

 

Deux entreprises sociales au cœur du dispositif

La Fondation a un caractère d’utilité publique à but non lucratif. En plus de sa mesure principale, « SeMo Chablais », et des différents mandats qu’elle réalise, elle gère deux entreprises sociales pouvant accueillir les participants : La Dent de Midi et FB Fêtes & Banquets.

 

De g. à d. Delphine Gex-Collet (directrice adjointe, responsable du site d’Aigle) Frédéric Abbet (directeur), Jérôme Ayer (responsable du site de Bex)
De g. à d. Delphine Gex-Collet (directrice adjointe, responsable du site d’Aigle) Frédéric Abbet (directeur), Jérôme Ayer (responsable du site de Bex)

 

La première produit environ 600 repas par jour pour les réfectoires scolaires, les garderies et les unités d’accueil de la région, tout en servant de terrain de formation aux jeunes dans les domaines de l’administration, de la cuisine, du service, de l’intendance et de la petite enfance. Elle exploite également un restaurant d’application ouvert au public à Aigle, sur réservation. Ouvert à midi du lundi au vendredi, celui-ci propose un menu composé d’une entrée, de deux plats à choix, d’un dessert et d’un café pour 18 francs.

 

La seconde est active dans la location de matériel événementiel, du simple caquelon à fondue aux tentes de 200 m², en passant par le matériel pour des cuisines professionnelles. Sa zone d’action s’étend du Valais à Genève et ses services sont proposés aussi bien à des clients privés qu’à des entreprises, associations, sociétés ou communes. Une palette de métiers supplémentaires y est représentée, notamment la logistique, le transport et l’événementiel.

 

Les résultats obtenus par la Plate-Forme Jeunesse témoignent de l’efficacité des différentes mesures. « Entre 110 et 120 participants sont accueillis annuellement en rotation dans notre fondation. Dès qu’un contrat d’apprentissage est signé, un nouveau candidat nous rejoint. Le temps moyen pour trouver une place est de sept à neuf mois », explique Frédéric Abbet, directeur depuis un an, avant d’ajouter : « 87 % d’entre eux trouvent une place d’apprentissage ».

 

L’emploi comme vecteur d’insertion

Plate-Forme Jeunesse accompagne également les jeunes adultes issus de la migration à travers sa mesure Epiglobe, subventionnée par le Centre Social d’Insertion pour les Réfugiés (CSIR). Limitée à huit places par année, la mesure s’appuie sur les activités de La Dent de Midi et FB Fêtes & Banquets afin de préparer les bénéficiaires aux exigences du marché de l’emploi tout en favorisant leur insertion dans la société. En plus de stages divers, ils suivent aussi des cours intensifs de français et bénéficient de formations complémentaires et d’un accompagnement individualisé dans leurs recherches d’emploi. Le mandat s’étend sur un an et, à son terme, certains bénéficiaires sont insérés dans le monde professionnel ; quant aux autres, ils gagnent confiance en eux, progressent dans l’apprentissage du français et poursuivent le processus d’insertion professionnelle.

 

L’anticipation est la clé de la réussite

Pour éveiller les consciences des adolescents quant à leur avenir professionnel, c’est lors de la scolarité obligatoire qu’il faut agir. Ainsi, deux projets sont nés ces dernières années : le Speed Recruiting et Immersio.

 

Immersio, organisé en collaboration avec les établissements scolaires du Chablais et soutenu par l’État de Vaud, s’adresse aux écoliers de 10e année. L’objectif ici est clair : trouver sa voie en vivant une journée d’immersion dans une entreprise locale, aux côtés d’un apprenti, afin de découvrir concrètement les métiers et favoriser la transmission des savoirs. Avec environ 450 élèves et plus de 100 entreprises impliquées, cette initiative crée un lien direct entre les jeunes et le monde du travail.

 

Le Speed Recruiting, également soutenu par l’État de Vaud, permet de mettre en lien les candidats, plus de 200 chaque année, avec une cinquantaine d’entreprises de la région qui représentent plus de 80 métiers différents. Lors de chaque édition, plus de 700 entretiens sont réalisés. Environ 20 à 25 % des candidats décrochent une place d’apprentissage grâce au Speed Recruiting, tandis que de nombreux autres obtiennent un stage.

 

La fondation a progressivement mis sur pied des ateliers et des activités dans de nombreux secteurs
La fondation a progressivement mis sur pied des ateliers et des activités dans de nombreux secteurs

 

Témoignage de deux futurs apprentis

Le Bellerin Jolan Parchet et l’Aiglon Jonathan Zang Ondoua ont tous deux trouvé leur voie grâce à Plate-Forme Jeunesse. Sur le site de Bex, la rédaction les a rencontrés et c’est avec joie qu’ils ont partagé leur expérience.

 

Jolan Parchet, 18 ans, a intégré la fondation au mois d’août 2025. « J’ai arrêté la classe de raccordement (RAC) – une année scolaire supplémentaire permettant d’accéder aux écoles de culture générale et de commerce des gymnases ou de maturité professionnelle – désireux d’être soutenu dans sa recherche d’une place d’apprentissage », confie-t-il. Malgré son stress initial, il se réjouissait de pouvoir intégrer Plate-Forme Jeunesse. Intéressé par la logistique, il a œuvré pour FB Fêtes & Banquets. « Cette expérience m’a permis d’élargir ma vision des différents métiers en lien avec mes intérêts. » Il a alors trouvé une place d’apprentissage à la commune de Gryon comme agent d’exploitation en voirie ; son parcours au sein de la fondation a pris fin le 19 juin. 

 

Jonathan Zang Ondoua, 17 ans, a également rejoint la fondation en août 2025. C’est sa conseillère en orientation professionnelle au RAC qui lui a parlé du SeMo Chablais. « J’avais quelques a priori au départ concernant cette structure. Ils ont toutefois été vite balayés. Je me suis senti écouté et parfaitement soutenu », confie-t-il avant d’ajouter : « L’an dernier, j’ai déposé un dossier à l’Eracom (École romande d’arts et communication). Mon stress, combiné à un portfolio qui ne respectait pas l’ensemble des exigences, n’a toutefois pas permis à ma candidature d’aboutir. Je me suis ensuite dirigé vers le domaine de la vente, sans y trouver un réel intérêt ». Son âme d’artiste l’a rattrapé et il a retenté sa chance à l’Eracom. Cette fois-ci, sa démarche a été couronnée de succès. Il a quitté la structure le 5 juin en gardant une très bonne impression de son passage. « On nous demande ce que l’on veut faire plus tard à l’âge de quinze ans. C’est difficile. Avec Plate-Forme Jeunesse, on découvre beaucoup de métiers et on a l’occasion d’effectuer des stages dans des domaines variés. J’ai particulièrement été touché par Epiglobe, je trouve important de penser aux personnes issues de la migration. »

 

Conclusion

Plus qu’un pont entre les jeunes et le monde du travail, la Fondation Plate-Forme Jeunesse fédère un vaste réseau d’entreprises, de partenaires institutionnels et de collectivités publiques au service de l’insertion professionnelle. Elle constitue ainsi un véritable écosystème qui allie compétences, expériences et énergies autour d’un objectif commun : permettre à chacun de trouver sa voie.

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Zoé Gallarotti

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