De nouvelles découvertes sur les Mines de Sel

Il suffit d’un élément, d’une information ou d’une trouvaille pour se lancer dans un tel travail. « C’est comme trouver un fil. On tire dessus et on découvre une pelote », compare Pierre-Yves Pièce. L’auteur s’est transformé en véritable détective. Il est parti à la recherche de documentation dans les archives cantonales, les livres de comptes, les registres de paroisse ou même les récits de scientifiques ou de voyageurs. De ces éléments, il a reconstitué une partie de l’histoire. Nombreuses sont les publications sur ce sujet ; mais il y en a nettement moins en ce qui concerne les toutes premières galeries.

 

De nouvelles découvertes sur les Mines de Sel
De nouvelles découvertes sur les Mines de Sel

 

Le fil rouge

C’est un véritable puzzle que le Bellerin vient de compléter. Ses résultats, plus qu’intéressants, ont récemment été publiés dans la revue annuelle « Minaria Helvetica » de la Société Suisse d’Histoire des Mines. Il retrace notamment l’exil du mineur Hans Schaitberger et sa famille. « Dans la première partie du XVIe siècle, les idées réformatrices de Luther se répandent dans le domaine alpin et les mineurs de Dürrnberg ne tardent pas à les adopter. Le prince-archevêque de Salzbourg, Maximilian Gandolph (1622-1687), ne voit évidemment pas d’un bon œil l’extension du mouvement luthérien et ordonne l’expulsion du pays des mineurs qui ne se conforment pas à la religion catholique. » Cet extrait tiré de l’article de Pierre-Yves Pièce nous embarque ensuite dans l’aventure de cet Autrichien qui, après avoir quitté son pays natal, a marqué l’histoire des Mines de Sel de Bex. La famille Schaitberger n’a jamais quitté le monde du sel ; le fils de Hans, Joseph, fait lui aussi partie de l’histoire. « En cherchant encore, il serait possible de trouver d’autres descendants », précise l’auteur.

 

Des découvertes surprenantes

Mineur, Hans Schaitberger a notamment dirigé les travaux et participé au creusement du grand escalier de 454 marches appelé aujourd’hui « Escalier ruiné ». Mais il a également réalisé de nombreux plans de galeries extrêmement bien détaillés. Grâce à ces documents, Pierre-Yves Pièce a pu notamment révéler que la « Galerie du Coulat », longue de 720 mètres, n’a pas été creusée en 5 ans comme l’indiquent certains documents ou même un panneau visible dans les mines, mais en 11 ans. « Cette découverte est extraordinaire et permet de documenter correctement un pan important de l’histoire », confie-t-il.

 

Ses cartes recensant les zones forestières permettent de mieux comprendre les enjeux du bois nécessaire à la quête de l’or blanc. Une consommation importante qui a abouti à un règlement visant à contrôler l’exploitation des forêts. En plus d’apporter de nouvelles connaissances sur le début de l’exploitation des mines, l’article nous plonge dans la réalité des dangers qu’encouraient les mineurs, présente quelques techniques d’exploitation, conte différentes anecdotes et offre beaucoup d’autres surprises encore.  

 

Pierre-Yves Pièce étudie l’histoire des Mines de Sel de Bex depuis plus de quinze ans. « Le sujet est vaste, ça m’occupe beaucoup. Avec près de 500 ans d’histoire régionale du sel, il y a toujours de nouvelles surprises à découvrir », conclut-il.

Informations

La revue contenant l’article de Pierre-Yves Pièce :

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Article écrit par

Zoé Gallarotti

Zoé Gallarotti

Rédactrice en chef

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