Rien que pour la commune de Bex, on compte environ quarante-six hectares de vignobles appartenant à une soixantaine de personnes; 60 % du vignoble bellerin est traité par hélicoptère, un service proposé par Air-Glaciers depuis plus de trente ans.

sulfatage

 

En Suisse, le vignoble est traité depuis plus de cent ans. Il figure aussi parmi les vignobles les plus escarpés au monde, et donc difficile d’entretien. Les dispositions en terrasse et fortes pentes donnent des vins de qualité. Sans une lutte préventive, les maladies fongiques, en particulier le mildiou et l'oïdium, mais aussi le rougeot ou le botrytis, anéantissent les récoltes et affaiblissent les ceps jusqu'à ce qu'ils meurent. Aujourd’hui, en Suisse romande et dans la région de Bienne, plus de 8000 propriétaires fonciers ou exploitants font appel à l’hélicoptère afin de traiter leurs vignes.

La vigne chablaisienne

Du côté du Chablais, le pilote Christian Rosat gère la partie Bex et Yvorne. Avant d’être titularisé pour ce type d’opération, il a suivi une formation de près de cent heures de vol, sans compter les heures de marche à travers le vignoble pour étudier la topographie et les obstacles. Il pilote un Lama auquel une rampe de traitement a été ajoutée. Ces engins, maniables et très robustes, conviennent parfaitement pour ce genre d’utilisation. «Cependant, d’ici à 2020 nous devrons les changer et passer au modèle nouvelle génération», explique Françoise Devaud, employée d’Air-Glaciers.

Chaque année, les vignerons établissent un programme avec les dates de sulfatage. Le traitement peut, comme cela se à fait Bex, se répéter jusqu’à sept fois dans l’année, entre mai et août, si les conditions météorologiques sont favorables. En principe la meilleure période reste le matin, car il n’y a pas de vent, il fait moins chaud et en général le taux d’humidité est idéal. Cependant ces données sont relatives, et il se peut que le sulfatage soit reporté de quelques heures voire avancé ou repoussé d’un ou deux jours en cas de pluie ou autres.

Le sulfatage

Ce procédé demande une concentration maximale puisque l’hélicoptère survole les vignes à deux mètres du sol seulement et à une vitesse de 55 kmh. Pour Bex, le départ se passe à côté de la Grande Salle de Fenalet. L’hélicoptère y vient pour se remplir de kérosène mais aussi de produits pour le sulfatage. Au total 4800 litres seront déversés sur les quelque quarante-six hectares bellerins. Sur 100 litres d’eau on compte un à deux kilos de produits. Les insecticides et herbicides, etc., étant prohibés par voie aérienne, les vignobles sont traités uniquement par des fongicides selon une liste stricte établie par l’Office fédéral de l’agriculture, dont certains sont aussi utilisés en culture bio. Ces produits phytosanitaires sont très doux. Des études sur l’impact de l’hélicoptère n’ont démontré aucune incidence sur le biotope et la faune utile. Au final, 100 litres du mélange sont reversés sur chaque hectare. Pour Bex, il faudra au pilote environ 2 h 30 (environ 20 hectares par heure) pour réaliser le traitement, et, pour ce faire, il repasse environ neuf fois à Fenalet pour se remplir de produit, soit 500 litres à chaque passage.

Des avantages en temps et en écologie

Si, parfois, ce procédé par les airs est souvent sorti de son contexte et même mal vu, il permet cependant de gagner un temps considérable mais également une économie de CO2 par rapport à d’autres techniques. En hélicoptère, il faut prévoir 8 litres de kérosène par hectare, tandis que, pour un traitement avec un tracteur, la consommation de CO2 sera doublée voire même triplée. Il existe un vieux procédé encore utilisé aujourd’hui. Il consiste à arroser les vignes à l’aide d’un atomiseur que l’on porte sur le dos. Cela emploie huit fois plus d’eau que pour un traitement par les airs. Finalement, à pied il faudra compter cinq heures pour faire un hectare, tandis qu’avec l’hélicoptère il ne faudra que deux minutes.

Photo: Bernard Gallarotti