De décembre au mois de février dernier, quatre acteurs du Scarabex ont sillonné la région afin de présenter «Vive Bouchon!», la dernière trouvaille de la compagnie de théâtre qui remontra sur les planches déjà au mois de mai avec une nouvelle pièce. Pour l’heure, le «Point Chablais» s’est glissé en coulisses de l’une des représentations donnée au cinéma de Bex afin de s’immerger dans cet univers. Rires assurés devant et derrière la scène!

 

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La pièce

Pour résumer, il s’agit d’une comédie de Jean Dell et Gérald Sibleyras qui se veut, bien sûr drôle, mais aussi réaliste; «…une moquerie de l’administration, une gaudriole bien faite», concède Martial Bernard. Il s’agit d’un tout petit village nommé, comme le nom de la pièce l’indique, Bouchon. Pour éviter qu’il ne meure, Jacques, le maire, extorque, depuis des années, des subventions à l’Union européenne. Tout fonctionne à merveille quand, bien évidemment, un jour, Bruxelles envoie un inspecteur pour vérifier où passe l’argent.

 

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La troupe

Pour rappel, ce théâtre est né en 2005 sous l’impulsion de Martial Bernard, Annelise Cretton et Jacques-Olivier Budry. Il portait le nom d’Atelier Théâtre avant d’en changer l’an dernier pour Scarabex. La société se produit régulièrement avec des pièces diverses. Cette année, c’est donc «Vive Bouchon !» qui était à l’honneur. Comme indiqué précédemment, cette pièce est jouée par quatre acteurs, en l’occurrence: Jacques-Olivier Budry dans le rôle de Jacques, le maire, Andréa Morais dans le rôle d’Odette, l’assistante du maire, Alexandre Villalon dans celui de Nicolas, le frère du maire, et, finalement, Christophe Saia interprétant Robert Flapi, le fonctionnaire envoyé par Bruxelles. N’oublions pas le jeune Yan Genet pour le son et lumière, un métier qu’il aimerait réaliser plus tard. Il s’agit d’ailleurs de sa première participation au Scarabex.

 

 

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L’envers du décor

Si devant la scène on se tord de rire, dans les coulisses, on a envie de tout savoir! Quand on creuse un peu, on comprend rapidement qu’il s’agit d’une mise en scène participative; c’est indiqué sur l’affiche. Ça commence bien, c’est plutôt original. Pour comprendre, la pièce n’a pas de metteur en scène proprement dit, cette tâche était à la charge des acteurs. Un détail d’importance! «C’est une bonne expérience et plus agréable pour les acteurs; à un moment il faut assumer son rôle, si les idées viennent des acteurs c’est plus naturel», explique Jacques. C’est tout de même un sacré boulot pour les acteurs, qui, finalement, ont tout fait tout seuls, notamment Jacques qui a dû obtenir les droits d’auteur de la pièce, réserver les salles pour leurs représentations, créer les affiches, louer le matériel nécessaire, comme les projecteurs, etc., créer la bande son, «et accessoirement jouer», plaisante-t-il. N’oublions pas aussi le décor. «En effet, ce dernier a été fabriqué il y a plus de dix ans par la Plateforme Jeunesse et spécialement conçu pour la scène du cinéma de Bex. Il a d’ailleurs déjà servi plusieurs fois. Mais pour l’occasion, j’ai dû créer la fenêtre», ajoute Jacques. Et ce n’est pas tout, lors de chaque représentation, les quatre acteurs doivent monter et démonter le décor. A coups de deux représentations par scène, autant dire que c’est plutôt contraignant.

 

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Creusons un peu

Rentrons maintenant dans le vif du sujet. Il est environ 19h., la troupe s’affaire donc à monter le décor, mais malgré le stress qui monte, chacun joue le jeu et prend le temps de répondre à mes questions. «Vive Bouchon!» est sans aucun doute l’une des pièces les plus drôles jouées à Bex. Si l’histoire y est pour quelque chose, c’est surtout la qualité du jeu de rôle des acteurs qui nous tient les zygomatiques tirés. Certains sont des habitués de la scène, comme Alexandre qui en est à sa cinquième pièce au sein de cette société ou Andréa qui a déjà joué une quinzaine de pièces entre l’Atelier Théâtre, le Scarabex, les Compagnons de Duin et le TPL de Leysin. N’oublions pas Jacques qui en est à sa dixième. «Ma première scène était «Le Petit Prince», souligne-t-il. Tandis que pour Christophe, cette pièce est une première. «J’ai commencé le théâtre en automne dernier», confie-t-il. Mais ça ne l’empêche pas, comme les autres, de recevoir les éloges du public, et avec raison!

 

Donc, pour résumer, il s’agit bien d’une troupe amateur, mais qui ne manque pas de bluffer les spectateurs. Ça me fait donc penser à quelque chose: on dit que c’est plus difficile de faire rire le public que de le faire pleurer, mais qu’en pensent les acteurs? «Je ne suis pas forcément d’accord, pour moi, c’est la même chose, ce qui est le plus dur c’est d’être vrai et naturel», répond Jacques qui concède que chaque représentation est unique: «Le jeu d’acteur est différent d’une représentation à l’autre, notamment au niveau de l’intonation, mais aussi dans certains gestes, mais je ne sais pas si le public le remarque vraiment.» Je peux répondre que non, pour avoir vu la pièce deux fois, je ne m’en lasse pas et l’amatrice que je suis n’a rien remarqué, si ce n’est l’excellente prestation des acteurs, et ce lors de mes deux visites!

 

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Les dernières minutes avant d’entrer en scène

Il est maintenant 19 h 30, le stress montent encore d’un cran. Le public commence à s’installer, avec lui, Martial Bernard, l’âme de la société et qui ne rate aucune représentation, ou presque. Les rideaux vont s’ouvrir dans moins d’une demi-heure. Des rideaux... façon de parler, car au cinéma de Bex il n’y en a pas. Les acteurs se préparent à leur façon. «Avec le montage du décor et toutes les autres choses à penser avant l’entrée en scène, j’ai tout juste le temps de m’habiller», note Jacques, tandis qu’Alexandre observe ses camarades: «Je regarde ce que font les autres et je fais pareil.» Mais lorsque je demande à Christophe comment il se prépare avant d’entrer en scène, il n’a pas le temps de répondre que les autres rigolent. «Il stresse et il tourne en rond», répond Andréa. Pas toujours évident les minutes qui précèdent l’entrée en scène, mais lorsque la lumière s’allume, ils sont prêts et donnent tout ce qu’ils ont. Ça n’empêche pas quelques bourdes... mais on en rigole. Jacques témoigne: «Lors de la scène des pots, ma préférée d’ailleurs, j’ai une réplique qui dit: «...avec le drapeau derrière moi et il est fini et ce n’est pas une région à mites!» Une réplique plutôt cocasse, surtout lorsque ce dernier a préalablement oublié d’accrocher le drapeau. L’erreur est donc humaine, comme certains oublis de textes qui passent inaperçus aux oreilles du public: «Quand on oublie son texte il faut surtout éviter de ne rien faire», confie Jacques. «Je ne sais pas rien faire moi!», ajoute Andréa qui a oublié une réplique lors d’une représentation. «Mais elle a parfaitement rebondi», relève Jacques.

 

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Ils se confient

Les acteurs se sont donc confiés avec autant d’aisance qu’ils ont sur scène. Et c’est tant mieux, car j’avais envie d’en savoir plus. C’est vrai, qu’est ce qu’ils préfèrent dans le théâtre, quelles répliques les font vibrer, etc.

 

Pour Jacques, «Ce que je préfère faire au sein du Scarabex c’est jouer. Ça me manquait, mais j’adore aussi voir les jeunes sur scène prendre la relève.» On connaît déjà sa réplique préférée, celle des pots, mais qu’en est-il des autres?

 

Pour Andréa, par exemple, ce qui lui plaît c’est aussi de jouer des rôles qui ne correspondent pas à sa personnalité. «C’est plus sympa de jouer un personnage totalement différent de moi. Mais ce que j’aime aussi, c’est que dans cette société, on fait un peu de tout, on ne se contente pas de jouer». «Ma réplique préférée? Nom de Dieu! Je reviens de la bananeraie, c’est la chienlit!»

 

Alexandre, lui, il a faim! Littéralement faim d’apprendre. Ce qui colle bien avec sa réplique préférée: «J’ai faim!!!; la seule que je peux hurler.» Pour lui, la comédie c’est un art qui se répète. «A partir du moment où les répliques que l’on a ne sont pas écrites par nous et que la pièce est drôle, à force de répétition, on sait quelle intonation donner et quels gestes faire.»

 

Finalement, pour Christophe, ce qu’il préfère c’est d’être avec des gens. «On y trouve des moments de complicité extraordinaires.» Quant à sa réplique préférée: «Excusez-moi, il y a des militaires qui demandent si vous pouvez refaire un assaut, car y’a des troupes derrière qu’ont rien vu!»

 

En voilà un bon moment de partage avec des acteurs forts sympathiques qui font rire tant devant que derrière la scène avec une pièce que l’on ne se lasse pas d’apprécier. Ceux qui regretteraient de l’avoir ratée pourront peut-être se rattraper lors de l’inauguration de la future salle multiculturelle de Bex qui devrait voir le jour d’ici à la fin de l’année. En attendant, le Scarabex remontera sur scène d’ici à la mi-mai avec une nouvelle comédie: «Un stylo dans la tête».

 

Photos: B. Gallarotti, Alexandre Villalon

 

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