Nombreux sont ceux à profiter des somptueuses forêts suisses. Le plein air, la nature, quoi de plus revigorant? A pied, à cheval ou à vélo, toutes les excuses sont bonnes pour profiter de la nature. Le Code forestier reste néanmoins assez strict: circuler à l'intérieur des peuplements forestiers ou en dehors des chemins est strictement interdit aux cavaliers et aux vélos.

 

forêt

 

Nombreux sont ceux à ne pas respecter l’environnement qu’ils traversent, empruntant ainsi des sentiers non autorisés, privés, dérangeant tant la faune que la flore ainsi que même les randonneurs. Cela peut paraître anodin de sortir des sentiers prévus, cependant, l’impact est grand, notamment quand le passage est régulier sur un même tronçon non prévu à cet effet: les chevaux tassent le sol, créent des zones humides et provoquent, avec leurs crottins, une contrainte pour les autres usagers. Les cyclistes eux aussi tassent le sol avec leurs deux roues, mais ils créent aussi de petites ravines, empêchant la venue du rajeunissement naturel et causant même des dégâts sur le peuplement restant. Dans les deux cas, la nidification ou la mise bas des chevreuils, par exemple, s’en voit dérangée.

 

Les lois sont très précises à ce sujet. Une loi sur les sports et loisirs en forêt précise d’ailleurs que les activités de sport et loisirs qui portent atteinte à la conservation des forêts sont interdites à l’intérieur des peuplements. Le règlement d’application de la Loi forestière du 8 mai 2012 ajoute que les pistes de débardage, layons et sentiers pédestres, ne sont pas considérés comme carrossables; ils font donc partie intégrante du peuplement.

 

Les chevaux

Pour la Cité du sel, même si certains cavaliers ne respectent pas les règles, le Service des forêts de Bex entretient un très bon contact avec l’ABC (Amicale bellerine du cheval) ainsi qu’avec Sandra Hülsdell, qui avait d’ailleurs donné, l’an dernier, des cours à la police pour apprendre à récupérer un cheval en fuite. Cependant, le nombre de propriétaires de chevaux a considérablement augmenté ces dernières années et ne cesse de s’accroître. Les écarts aux règlements sont donc réguliers. Cependant, les cavaliers sont pleinement conscients des zones dans lesquelles ils peuvent se rendre avec leurs chevaux. Il existe un plan indiquant très clairement ces zones. «Il existe un code de bonne conduite édité par la Fédération Suisse des Sports Equestres qui rappelle aux cavaliers que les zones de reboisement, les plantations et parcours de santé sont interdit aux chevaux parmi d'autres recommandations», rappelle Micheline Zonca, présidente de l’ABC. Ainsi, actuellement, les cavaliers peuvent pratiquer leur sport aux Grandes-Iles, aux Neyers, sur le bord de la Gryonne et la Colline du Montet. «On a une pression sur les forêts par rapport aux chevaux. A l’avenir, on devra s’adapter et fournir toujours plus de zones pour les cavaliers et peut-être même réviser les lois afin de les adapter aux problèmes actuels, explique le garde-forestier Jean-François Rochat.

 

Les cyclistes

Les cyclistes sont ceux qui respectent le moins les règlements des forêts, et ce sans même s’en rendre compte. Plusieurs raisons en sont la cause, à commencer par l’absence de carte précise indiquant la totalité des pistes cyclables. Mais il n’existe aussi aucune société réunissant les amateurs de cette activité. Il n’y a donc aucun répondant pouvant faire le lien entre les cyclistes et la commune de Bex, sans oublier que, contrairement aux cavaliers, les cyclistes viennent parfois de loin pour se faire une belle descente dans notre région. Notons aussi que les forêts de la commune de Bex touchent celles de Gryon, et le problème majeur est que beaucoup des cyclistes montent jusqu’à Gryon pour ensuite redescendre en plaine en VTT. Vitesse et sensations fortes sont au programme. Ainsi, ces amateurs du risque en oublient fréquemment les lois, ne descendant pas par une piste officielle mais par des pistes de ski comme celle des Renards, par exemple, ou coupant carrément à travers bois, même dans des zones privées. «La zone la plus sensible est sans hésiter la région du bois de Fenalet», précise M. Rochat. Quand bien même le service des forêts indiques les secteurs à ne pas emprunter par des panneaux, ces derniers sont régulièrement arrachés. N’oublions pas que les pistes de Bretaye et Villars attirent aussi toujours plus de VTT coupant ensuite à travers bois pour redescendre sur Bex. «Le service des forêts, qui doit faire en sorte que les vélos ne sortent pas des pistes, va également devoir refuser la pose d’une barrière en forêt de la part d’un propriétaire mécontent du passage des VTT sur son terrain», ajoute-t-il. Il n’y a donc pas de réelles solutions si ce n’est une meilleure conduite des cyclistes. Il faut aussi soulever un autre problème, celui de la détérioration volontaire de la forêt. «Il y en a qui construisent des sauts, des bosses, voire même des cabanes au milieu de la forêt afin de rendre plus attractif leur parcours, cela créé des nuisances, et ils laissent aussi des clous ou des vis derrière eux.»

 

Un gros problème donc, que le Service des forêts tente tant bien que mal de régler. Actuellement en réflexion, l’idée serait de créer une piste permettant de redescendre sur Bex sans mettre à mal la forêt, «mais le problème est que, généralement, les VTT empruntent les chemins situés à côté des pistes afin de corser leur descente».

 

La solution miracle n’est donc pas encore trouvée. Que ce soit le cas des chevaux ou des VTT, il faut sans cesse s’adapter et adapter les lois aux comportements de personnes souvent pas conscientes de leurs erreurs. Gageons qu’avec le temps, chacun deviendra un peu plus respectueux de ce qui les entoure, protégeant ainsi les merveilles de notre beau pays dont nos larges étendues de forêts, qui, rappelons le, sont ouvertes à tous, mais en respectant les règles!

Photo: B. Gallarotti