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Exercice de troupe : 2’400 militaires dans le Chablais

Du 6 au 13 octobre, dans le cadre de leur service annuel d’instruction, le bataillon d’état-major de la brigade mécanisée 1, le bataillon d’exploration 1 et le groupe d’artillerie 1 ont réalisé un exercice de grande ampleur entre le Valais et l’Arc lémanique.

 

Surveillance de l’usine CIMO
Surveillance de l’usine CIMO

 

Ils ne sont pas passés inaperçus et vous les avez certainement croisés au détour d’une intersection, aux abords d’une usine ou tout simplement dans les rues. Ils étaient plus de 2’400 militaires accompagnés d’importants moyens blindés (65 véhicules) pour la réalisation de l’exercice de demi-brigade « RHODANUS » (nom latin du Rhône). Cet exercice a débuté entre le Chablais et le Valais central. Le Point Chablais a été invité à découvrir les coulisses de cette organisation colossale.

 

Le bataillon d’exploration 1 à Monthey
Le bataillon d’exploration 1 à Monthey

 

Le QG

Les trois premiers jours, c’est la ville d’Aigle, plus précisément le site de l’Arsenal, qui a accueilli le QG (quartier général). Une dizaine de containers ont été montés pour y abriter les bureaux techniques : postes de commandements. Ces derniers contenaient différents systèmes informatiques et de communication afin de pouvoir assurer une liaison entre le bataillon d’état-major de la brigade mécanisée 1 et les autres corps de troupe ainsi que le feu d’artillerie. Sur place, lors du troisième jour de l’exercice, le brigadier Mathias Tüscher nous explique que « les deux défis que nous devons relever concernent la télématique, mais également la capacité à maintenir les opérations durant huit jours, 24 heures sur 24. »

 

Au QG à Aigle
Au QG à Aigle

 

D’un poste de commandement à un autre, il est possible de se rendre compte de l’ampleur de l’exercice. En effet, il réunit trois corps de troupe en même temps, le bataillon d’état-major, le bataillon d’exploration et le groupe d’artillerie ; un événement unique préparé depuis plus d’un an. À cela s’ajoute l’école d’infanterie qui a collaboré pour la gestion de l’infrastructure. « Le but est de pouvoir mettre en pratique la théorie, tester les nouvelles technologies et pointer ce qui peut être amélioré », précise le lieutenant-colonel, Frédéric Penseyres, chef communication de la brigade.

 

Lieutenant-colonel Antoine Garnier, chargé de l’organisation et de la conduite des évaluations
Lieutenant-colonel Antoine Garnier, chargé de l’organisation et de la conduite des évaluations

 

Dans l’un des bureaux de l’Arsenal, le lieutenant-colonel d’état-major général Antoine Garnier, en charge de l’organisation et de la conduite des évaluations, s’exprime : « Il ne s’agit pas de juger le travail réalisé, mais d’offrir avec bienveillance une vision externe. Nous analysons entre 40 et 50 observations chaque jour. » Antoine Garnier revient également sur la difficulté de mettre en place un système de liaison. « Il s’agit d’un système très complexe qui doit permettre de communiquer et d’échanger des données. L’armée suisse est la seule à pouvoir construire son propre réseau et le faire fonctionner en moins de 24 heures. » D’ailleurs, pour ajouter du réalisme, un groupe de guerre électronique est sur le terrain. « Ils jouent contre nous. Ils doivent repérer une forte zone de transmission et empêcher certaines fréquences de fonctionner. Tous mes cadres doivent pouvoir vivre au moins une fois l’impuissance de ne pas pouvoir communiquer », ajoute Mathias Tüscher.  

 

Les femmes aussi représentées dans l’armée avec Aurélie Foetisch, en charge de la comptabilité et de la subsistance de l'état-major de brigade
Les femmes aussi représentées dans l’armée avec Aurélie Foetisch, en charge de la comptabilité et de la subsistance de l’état-major de brigade

 

Sous le seuil de la guerre

Cet exercice s’est déroulé en deux temps. Durant la première phase, les troupes engagées entre le Chablais et le Valais central ont collaboré avec la police cantonale du Valais et l’administration fédérale des douanes. Il s’agit de missions « sous le seuil de la guerre », c’est-à-dire que les soldats agissent en arrière-plan, au profit d’autorités civiles.  

 

Découverte des locaux techniques
Découverte des locaux techniques

 

D’un côté, le groupe d’artillerie 1 a été déployé au profit de la Police cantonale valaisanne afin de l’assister, notamment dans la surveillance d’axes routiers et d’infrastructures critiques. D’un autre, le bataillon d’exploration 1 avait pour mission de surveiller l’usine CIMO à Monthey. Sur place, nous rencontrons le premier-lieutenant Yves Cestele. « Pour cette surveillance, nous collaborons avec les pompiers et le service de sécurité du site. Nous disposons de quatre moyens pour effectuer notre travail : la patrouille pédestre, la patrouille motorisée, un poste d’observation fixe et un drone. »

 

Entraînement avec un drone
Entraînement avec un drone

 

L’armée suisse s’adapte aux nouvelles technologies. Preuve en est avec l’utilisation des drones : une nouveauté intégrée cette année. « Il ne s’agit pas d’appareils fabriqués spécialement pour l’armée, mais achetés sur le marché », précise Yves Cestele. Le rôle de la section présente aux alentours du site de CIMO est de relever les mouvements et/ou objets suspects et de transmettre les informations recueillies. « La nuit dernière, nous avons subi un piratage radio et un groupe est venu tester et perturber les dispositifs en place », ajoute le premier-lieutenant.

 

Aperçu de l’étendue de l’exercice avec les soldats en action sur le terrain
Aperçu de l’étendue de l’exercice avec les soldats en action sur le terrain

 

Cette incroyable visite se termine par la découverte du poste d’observation fixe ; totalement invisible depuis l’extérieur. Alors que nous regagnons le monde civil – émerveillés par cette visite totalement unique – les soldats, eux, poursuivent leur exercice. Le lendemain, durant la seconde phase, les troupes se sont retrouvées en situation de guerre. Elles ne devaient plus seconder les autorités, mais prendre les devants dans un cadre de défense contre un adversaire militaire. Elles ont mené un combat retardateur entre la Versoix et la plaine de l’Orbe.  

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Article écrit par

Zoé Gallarotti

Zoé Gallarotti

Rédactrice en chef

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