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Le berger australien : un chien qui a besoin d’activité !

Ces dernières années, le berger australien a le vent en poupe. Intelligent et affectueux, il trouve de plus en plus sa place auprès des familles. Mais attention au revers de la médaille avec des éleveurs peu scrupuleux, des mauvaises manipulations de lignées ou encore un manque de savoir concernant cette race et ses besoins.

 

(Un chien qui demande beaucoup d’activités tant physiques qu’intellectuelles
(Un chien qui demande beaucoup d’activités tant physiques qu’intellectuelles

 

Son histoire

Le berger australien, appelé également aussie ou encore australien shepherd, est une race qui, contrairement à ce qu’indique son nom, n’est pas directement originaire d’Australie. Selon certaines théories, son origine remonte au XIXe siècle, durant la ruée vers l’or en Australie qui attira des centaines de milliers de personnes. La population en Australie a presque triplé en l’espace de dix ans. Parmi eux, une grande majorité de britanniques.

 

En a découlé une forte demande en laine de mouton. Des mérinos – moutons à la fourrure épaisse d’origine espagnole – ont alors été importés. Les bergers australiens seraient, apparemment, les descendants des chiens importés en Australie par l’intermédiaire des Basques pour conduire les troupeaux de mérinos.

 

Plus tard, les bergers du monde entier ont émigré en Amérique du Nord. Les moutons et les chiens de berger étaient massivement apportés par les colons et les Australiens. Il semblerait toutefois que les chiens de troupeaux utilisés par les bergers basques étaient assez différents des aussies que nous connaissons aujourd’hui. À ce jour, le mystère demeure donc complet.

 

Mini ou grand ?

Il existe deux tailles différentes de bergers australiens. Le premier, de taille moyenne, atteint au garrot une hauteur moyenne de cinquante centimètres. Le second, appelé berger australien miniature ou mini aussie, mesure une quarantaine de centimètres. Hormis cette différence, les deux races comportent les mêmes caractéristiques tant au niveau des couleurs – une grande variété existante – que comportementale.

 

Attention au choix de l’élevage: les premiers mois du chiot sont primordiaux
Attention au choix de l’élevage: les premiers mois du chiot sont primordiaux

 

Pascale Benzo, gardienne d’animaux et éducatrice canine, travaille au Domaine de la Forêt des Barussels situé au Mont-Pèlerin. « Nous faisons essentiellement de l’élevage de minis bergers australiens, mais aussi quelques portées par année de bergers blancs et de golden retrievers. Le mini aussie est un peu desservi à cause de sa taille. Nous veillons donc à le placer dans des familles aptes à l’accueillir », confie-t-elle avant d’ajouter : « En effet, cette race est de plus en plus demandée, nous avons plus de naissances qu’il y a dix ans. Cela vient également du fait que l’élevage s’est agrandi au fil des ans. Mais nous trions les nombreuses demandes que nous recevons. Le berger australien n’est pas seulement un chien de compagnie. Les futurs propriétaires sont donc scrupuleusement sélectionnés. Nous discutons avec eux par téléphone, puis ils viennent ensuite sur place pour découvrir les chiens adultes et apprendre à connaître la race. Si toutes les conditions sont remplies, ils sont ensuite ajoutés à une liste d’attente pour obtenir un chiot ».

 

Du chien de berger au chien de famille

Il s’agit à la base d’un chien de berger, avec les comportements qui vont avec : réagir aux mouvements, pincer, poursuivre, aboyer, protéger, être méfiant envers les étrangers, etc. Cette race a également de nombreuses qualités, dont une excellente condition physique et une très grande intelligence. En prime, son instinct de chasseur est faible, il peut donc facilement être promené détaché.

 

Aujourd’hui, l’aussie est de plus en plus adopté comme chien de famille. Sa nature profonde reste toutefois ancrée en lui. Il a donc besoin de beaucoup d’activités autant physiques qu’intellectuelles. Ce n’est pas un chien pour des flemmards et un grand jardin ne suffit pas pour le rendre heureux. Il a besoin de complicité avec son maître avec qui il devient très proche, voire « collant ».

 

Le berger australien reste donc un chien de travail, même si ce n’est pas pour garder les moutons. Il existe de nombreuses activités qui peuvent être réalisées et ce sans nécessairement être élevées au niveau compétitif. Pistage, danse, agility et jeux divers peuvent être pratiqués avec cette race qui n’est résolument pas faite pour rester seule à la maison.   

 

Contrairement à ce qui se dit ou se lit sur internet ou dans les médias, le berger australien n’est pas si simple à éduquer. Sa grande intelligence lui permet d’apprendre facilement et rapidement de nombreuses choses, mais il peut également prendre très vite des mauvaises habitudes. « Son éducation permet moins d’erreurs qu’avec un golden retriever, par exemple. Il est nécessaire de beaucoup travailler avec et de le socialiser correctement », précise Pascale Benzo.

 

Une race très intelligente
Une race très intelligente

 

Attention au choix de l’élevage

Profitant de sa popularité, de nombreuses personnes se mettent à l’élevage d’aussies. Un chien de race ça rapporte, mais ça peut aussi vite coûter très cher aux futurs propriétaires.

 

Tout d’abord, il s’agit d’une race très sensible. « Un manque de socialisation durant ses premiers mois ne peut souvent pas être compensé par la suite. Ces chiens deviennent craintifs, rencontrent des problèmes d’apprentissage et manquent de confiance en eux. C’est pourquoi durant leurs deux premiers mois, ils doivent voir un maximum de personnes, mais également de lieux et avoir de nombreuses stimulations différentes au sein de leur élevage », explique Pascale Benzo.

 

Outre le manque d’attention donné durant ses premiers mois, le berger australien connaît aussi des maladies héréditaires spécifiques : dysplasie, cataracte, défauts dentaires et de la mâchoire ou encore épilepsie. L’accouplement de deux chiens à la robe « merle » provoque quant à lui une progéniture qui naît bien souvent sourde et/ou aveugle.

 

En somme, ces manques de connaissances dans le domaine de l’élevage donnent des chiens qui aboient, incapables de se contrôler, des hyperactifs, des hypersensibles, des risques qu’ils pincent, mordent ou poursuivent et qui donnent de nombreux soucis à leurs maîtres qui se retrouvent dépassés par les événements. Le choix de l’élevage est donc primordial et loin d’être évident à faire.

 

Entre les éleveurs, ou même les particuliers qui font porter leurs femelles, qui mettent sur le marché des chiens qui ont des problèmes physiques ou de comportements, et les familles qui choisissent cette race, mais qui ne répondent pas à ses besoins génétiques, le berger australien a la vie dure.

 

Quelques précisions

Approchée à ce sujet, la SVPA (Société vaudoise pour la protection des animaux) ne constate pas de recrudescence d’abandon de bergers australiens. « S’agissant d’un chien de race qui connaît un capital sympathie important, ces chiens sont essentiellement donnés ou vendus sur internet », indique-t-elle.

 

Malgré sa popularité, cette race compte peu d’importation illégale, comme le précise le vétérinaire cantonal, Giovanni Peduto : « En 2020, nous avons traité deux cas d’importations illégales concernant des bergers australiens, soit 0.5% des importations illégales du canton ». Il donne également quelques conseils concernant le choix de l’élevage. « Indépendamment de la provenance du chien, avant d’en acheter un, et cela est également valable pour un aussie, il faut autant que possible se rendre sur place pour visiter son lieu de provenance ou de naissance. Le nouveau propriétaire ne doit jamais acquérir l’animal sur un parking ou sur une aire de repos d’autoroute, mais aller le chercher directement chez l’éleveur ».

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Article écrit par

Zoé Gallarotti

Zoé Gallarotti

Rédactrice en chef

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