Dansons la vie... voilà un titre plein de joie, tout comme la biodanza (ou biodanse), une méthode de développement humain ne passant pas par la parole et la pensée, mais par le mouvement et les bienfaits de la musique que Raphaël Loetscher partage depuis dix ans.

 

Raphaël Loetscher

 

La biodanza, connue aussi sous le nom de danse de la vie, peut se définir comme une pédagogie de l’art de vivre et surtout de bien vivre le moment présent. Cette méthode, inventée dans les années soixante, vise à stimuler les potentiels génétiques (la vitalité, l’affectivité, la sexualité, la créativité, etc.) de l’être humain, dans le but de renforcer la santé, la conscience, mais surtout la joie de vivre. En outre, cela développe les capacités relationnelles et physiques et permet de se sentir bien dans son corps.

 

La biodanza se pratique en groupe avec des exercices conçus autour d’un modèle théorique sur des musiques homologuées. La biodanza tend à devenir de plus en plus connue. Elle est pratiquée dans plus de quarante pays et compte plus de deux cent cinquante professeurs plus communément appelés chez nous des facilitateurs; «On pourrait même leurs donner le nom de coach de vie, de joie ou de tendresse», précise Raphaël Loetscher.

 

Dans le Chablais

La région n’est pas en reste, le site www.biodanza.ch référence d’ailleurs les différents cours donnés. Raphaël Loetscher, qui donne des cours de biodanza dans des établissements médicaux-sociaux, nous partage son expérience...

Raphaël se rend chaque quinzaine, le matin à la Résidence à Aigle et l’après-midi à celle de Bex pour réunir les résidents le temps d’un moment de joie et de partage. Il navigue aussi dans d’autres homes pour personnes âgées, notamment dans le Valais, et propose également des cours découverte en entreprise ou avec des enfants. Mais Raphaël n’a pas toujours pratiqué cette activité, son histoire est même originale car, plus jeune, il ne dansait pas. Il a connu la biodanza lors d’un forum sur les techniques thérapeutiques. Il y a découvert cette activité qu’il définit comme une rencontre humaine. Il y a dix ans, après trois ans de formation, il obtient un diplôme de l’IBF (International Biocentric Foundation), fondation qui veille à la conformité des cours donnés et aux normes fixées.

 

Le déroulement

Mais alors, comment se déroule un cours de biodanza ? «Chaque cours est divisé en deux parties», nous explique Raphaël. «La première partie, plus rythmée, sert à favoriser l’expression et une certaine tonicité du corps. Il s’agit toujours d’un travail progressif pour stimuler l’énergie vitale avec des exercices permettant l’ouverture du corps.» Les participants sont bien entendu libres de se joindre à leur convenance selon aussi ce qu’ils sont capables ou ont envie de faire.

 

La seconde partie, plus calme, est plutôt dans le ressenti, avec des mouvements plus lents. «La caresse a été valorisée comme un acte universel que chaque personne peut recevoir ou donner. On valorise donc beaucoup le toucher et le bien-être.» Il s’agit de la pédagogie du toucher, avec des exercices permettant la détente, tels que fermer les yeux, écouter de la musique en donnant la main à son voisin, par exemple.

Le but de la biodanza est autant la détente que favoriser l’estime de soi et de permettre d’oser; oser faire plus de choses.La valeur de la biodanza se caractérise aussi par la tendresse ; «pour se faire, nous travaillons beaucoup avec le regard et le toucher.»

 

Raphaël Loetscher partage sa vie professionnelle entre la biodanza et son métier de thérapeute de couple. Deux activités débutées plus ou moins durant la même période. «Pour ce métier, j’emploie la thérapie Imago, misant sur la relation et non le problème. Ainsi, lors des séances, les couples sont assis l’un en face de l’autre. Cela permet de jouer sur la connexion du regard et du cœur. Il y a beaucoup de similitudes entre cette thérapie et la biodanza», précise Raphaël, un personnage très sensible pour qui la rencontre humaine est une vraie passion.

 

La biodanza, un partage constant, permet d’ouvrir notre cœur à la vie et aux autres. C’est avant tout un contact humain dont on connaît certains dérivés, comme le «free hug» (câlin gratuit) que l’on aperçoit de plus en plus souvent. Et les participants dans ces EMS y sont très réceptifs, ils attendent la venue de Raphaël avec impatience. «C’est génial !», témoigne une résidente. «C’est bon tant pour le cœur, le corps et l’esprit.» - «Chez moi, l’esprit fonctionne avec le cœur», surenchérit joliment une autre résidente. 

 

Photo: Zoé Gallarotti