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Nicolas Imhof : un dessinateur au cœur du Chablais

Les souvenirs heureux de vacances d’hiver et de week-end d’été à Villars influencent fortement Nicolas Imhof, originaire de Vevey, lorsqu’il cherche un lieu propice à l’épanouissement de sa famille. Habitant Ollon depuis 2018, l’artiste nous parle de son parcours riche, où la passion du dessin, des nouvelles technologies et le goût de la transmission s’entremêlent.

 

Nicolas Imhof continue à exposer, notamment dans des marchés
Nicolas Imhof continue à exposer, notamment dans des marchés

 

Votre engagement dans le monde de l’art commence bien avant votre entrée aux Beaux-Arts à dix-huit ans.

« Je suppose que remplir des carnets de lignes de bandes dessinées depuis l’enfance m’a poussé dans la voie artistique. J’avoue que je n’aimais pas vraiment le cadre scolaire traditionnel. J’adorais écrire de la poésie engagée, j’écoutais Jacques Brel, et je me reconnaissais dans une forme de lutte contre certaines évolutions du monde. J’ai eu la chance de pouvoir suivre le cursus scolaire avec l’option artistique. C’est sans aucun doute grâce au soutien de mon professeur de dessin de l’époque, Nicolas Pahlisch, dont l’atelier se trouve d’ailleurs à Ollon, que j’ai obtenu mon certificat d’école obligatoire. »

 

Et l’entrée aux Beaux-Arts ?

« Ma mère m’y a inscrit par erreur. J’étais trop jeune, et n’avais fait qu’une année préparatoire au CEPV. Ils ont tout de même accepté de voir mon travail, j’ai alors été autorisé à préparer l’examen d’entrée que j’ai réussi. J’ai suivi la branche « Designer industriel ». Il fallait réfléchir, concevoir, imaginer pour combler des manques et cela m’a passionné. Ensuite, j’ai fait une spécialisation en images de synthèse numériques. Les possibilités qu’offraient ces machines m’ont fasciné. Grâce à elles, j’ai enfin pu créer les mondes qui n’existaient que dans ma tête. »

 

Le salon professionnel IMAGINA, à Monaco, a été votre tremplin pour partir aux États-Unis.

« Nous sommes partis avec toute la classe présenter nos travaux, nos CV et nos portfolios sous les bras. Nous avions rendez-vous avec les plus grands du domaine au monde ! Et ça a marché ! Huit d’entre nous ont reçu des propositions pour traverser l’Atlantique. Je me suis installé à Los Angeles. Pendant dix ans, j’ai travaillé sur des superproductions hollywoodiennes de l’époque, pour la société Rythm & Hues Studio. Cette entreprise m’a offert beaucoup de flexibilité. J’ai touché à la modélisation, aux lumières, au codage, aux effets spéciaux physiques et numériques. Avec le temps, la concurrence est devenue plus rude entre studios, et j’ai vu l’envers du décor de cette industrie du rêve. La précarité qui s’installait, les sommes folles nécessaires pour rester dans la course, et l’utilisation illégale de mes créations par d’autres ont sonné le glas du rêve américain. J’ai fait un burn-out. En deux semaines, j’ai soldé une décennie de vie, et je suis rentré en Suisse avec le projet de m’installer ensuite dans les pays de l’Est, alors en pleine expansion cinématographique ! »

 

Mais le destin en a décidé autrement…

« Exactement, j’ai rencontré Estelle, mon épouse, et je suis resté ! Elle avait créé sa propre agence de casting et connaissait très bien le milieu du film. Nous avons travaillé ensemble sur des productions suisses et étrangères. Elle, au casting, moi, aux décors. L’arrivée de notre fille aînée, Ellie, en 2007, a changé la donne. Une vie d’artiste irrégulière n’est pas compatible avec la gestion d’une famille. J’ai alors commencé à exposer mes peintures digitales, d’abord chez Swatch Group, puis dans des galeries suisses. Ensuite, Pro Helvetia m’a invité à présenter mes travaux dans son programme international « Swiss Design in Hollywood ». J’ai ainsi donné des conférences à Singapour, en Malaisie, en Chine, tout en montrant mon travail. Ce fut une belle et prestigieuse aventure. Pourtant, elle ne me garantissait pas un revenu stable. »

 

Parlez-nous de « La Bibliothèque »

« En 2015, Estelle et moi avons créé le spectacle « La Bibliothèque » avec des décors en images de synthèse et des vols de personnages et d’objets. Nous avons joué 12 dates à guichets fermés, et avons reçu des propositions pour nous produire en France. Quand nous avons compris que, malgré le succès auprès du public, nous ne pourrions pas générer un revenu, nous avons renoncé à ce beau projet. »

 

Et l’enseignement ?

« En parallèle, j’ai été engagé à l’école d’art lausannoise « Ceruleum », et je me suis rendu compte que j’aimais échanger avec les jeunes, pousser plus loin les réflexions, parler de technique, animer des ateliers, et voir les progrès de mes élèves. Estelle et moi avons alors ouvert une école de dessin, l’atelier « La Linea », dans une pièce du magasin « La Feuille d’Or » à Vevey. Notre notoriété s’est progressivement développée si bien que nous avons dû trouver un local plus grand. Nous proposons des cours très variés et accueillons une centaine d’élèves de 12 à 78 ans. Je m’occupe de l’enseignement, Estelle administre l’atelier. J’ai pu conserver du temps pour ma pratique artistique personnelle, et continue à exposer, dans des marchés cette fois-ci, pour rendre l’art accessible sans me prendre la tête avec le fonctionnement des galeries. »

 

Êtes-vous toujours féru de nouveautés ?

« Je suis de près les évolutions des nouvelles technologies. Par exemple, l’intelligence artificielle me fascine. Pour moi, son avènement permettra une réflexion pour aller plus loin dans notre compréhension de l’art. Elle peut nous offrir un gain de temps considérable, une liberté, mais nous devons nous familiariser avec cet outil et apprendre à l’utiliser. Je me réjouis vraiment de ce qui va se passer ! »

 

La vie de Nicolas Imhof nous incite à débusquer ce qui nous fait vibrer et à suivre nos rêves. Un beau message en cette période troublée. Elle nous rappelle aussi que rien ne peut remplacer les descentes de luge en pleine nuit dans les Alpes vaudoises, les séjours dans le chalet familial de l’Alpe des Chaux, l’apparition, même furtive, des rapaces, des sangliers, des biches et des furets, et que notre région, un peu à l’écart, offre encore des images inspirantes et un havre de paix pour les artistes !

 

Informations

Atelier la Linea

www.atelierlalinea.net

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Article écrit par

Natacha de Santignac

Natacha de Santignac

Journaliste

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