Joëlle StagollUne écrivaine passionnée, voilà ce qu’ont pu découvrir les quelques intéressés présents à la Bibliothèque d’Aigle le 11 mai dernier pour rencontrer Joëlle Stagoll venue présenter son dernier roman: «L’étoile à mille branches», des Editions de l’Hèbe. Un nouveau tournant pour cette artiste qui publie un livre au caractère très dur mais tellement émouvant dans son réalisme.

 

Après avoir débuté des études de lettres à l’Université de Lausanne à l’âge de 18 ans, Joëlle Stagoll, originaire d’Aigle, se passionnera très vite pour le théâtre. Elle prendra des cours de comédienne avant d’entrer durant trois années à plein temps dans la troupe du Théâtre-Création. «Cette expérience a eu beaucoup d’influence sur mes écrits car j’ai travaillé l’improvisation. Le public donnait un sujet et nous devions le jouer sans nous concerter. Lorsque j’écris, c’est identique, je ne suis aucune idée ou thème précis. Mes personnages naissent en totale improvisation, je pars d’une sensation très physique comme une odeur ou un son, etc., et cela réveille des choses en moi», explique l’écrivaine, qui, finalement, découvre l’histoire au fur et à mesure qu’elle l’écrit. «C’est une angoisse très profonde de ne pas savoir ce qui va se passer, mais on a envie que ça vienne», continue-t-elle. Joëlle va d’abord faire un premier jet à la main, puis un second avec quelques modifications. Elle reprend ensuite les meilleurs écrits de ces deux textes qu’elle retape à l’ordinateur. «Je n’aime pas trop me relire, notamment lors du premier jet, car sinon je vais vouloir constamment y modifier quelque chose», note-t-elle.

 

Déjà huit romans publiés

Après avoir arrêté le théâtre et fondé une famille, Joëlle Stagoll réalisa son premier roman en 1978. N’ayant pas spécialement cherché à se faire publier elle continua à en écrire d’autres, soit quatre au total : «Anka», «Par-dessus le toit», «Rira aux larmes» et «Dans le dos du temps». Un jour, Claude Luezior, écrivain, lui a conseillé de faire lire ses livres aux Editions l’Hèbe afin de les faire publier. Jean Philippe Ayer et Eleonora Gualandris, de l’Hèbe, totalement emballés, décidèrent de publier ces quatre romans en une fois, car, même si les histoires sont différentes elles tournent autour de plusieurs questions existentielles comme la mémoire, la séparation, la mort, etc., le tout avec du suspense afin de tenir le lecteur en haleine. «Par-dessus le toit» a d’ailleurs été retenu dans la sélection du Prix Dentan et lauréat des coups de cœur de Lettres frontière. «Cela m’a permis de rencontrer beaucoup de monde et d’avoir un retour de mes lecteurs», rajoute Joëlle, qui publia encore un livre en 2006, «Le cri de Conrad Heim» et deux en 2009 «Le bleu des bruyères» et «Le train où va la vie».

 

«L’étoile à mille branches»

Publié en 2011, ce roman est sans doute le plus dur et lourd que l’écrivaine réalisa. Elle propose de manière violente et politiquement incorrecte les thématiques de l’altérité et de la peur qui en découle, du handicap, de l’euthanasie et du suicide. «Cette histoire traite de sujets qui touchent fortement et peut-être que cela va déranger certaines personnes. Dans tout les cas ce livre secoue et suscitera une réaction», pense-t-elle. Elle compte l’amour un peu impossible que vont se porter Jérémie, un jeune handicapé, et Natalia, une jeune immigrée engagée dans la famille du garçon comme aide au ménage. Elle traite le sujet avec beaucoup de justesse, ce qui peut surprendre et ne manque pas de soulever un problème malheureusement courant, le refus d’acceptation d’une personne handicapée. Elle dit tout haut ce que beaucoup vivent secrètement. Et si ces personnages savent émouvoir les lecteurs, l’écrivaine, elle aussi, a été très touchée, notamment avec celui de Jérémie.

Ames sensibles s’abstenir, quoi que ce livre reste à ne manquer sous aucun prétexte. Il est disponible, entre autres, à la Bibliothèque d’Aigle.

 

Photo: Zoé Gallarotti

 

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