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Silke Pan renoue avec l’art du cirque

La championne de handbike (vélo avec traction par les bras) retrouve la scène du cirque quatorze ans après un grave accident. Elle renoue ainsi avec sa première passion tout en transmettant un message d’espoir.

 

Silke Pan au 18e Cirque de Noël de Moudon
Silke Pan au 18e Cirque de Noël de Moudon

 

 

Vivre ses passions

D’origine allemande, Silke Pan a grandi en Suisse romande et a acquis la nationalité suisse en 2018. Toute jeune déjà, elle se passionne pour l’expression corporelle, le sport acrobatique, la danse, le théâtre, bref pour l’expression artistique sous toutes ses formes. Elle pratique la gymnastique, le plongeon, le trampoline et effectue des stages dans des écoles de cirque. Après l’obtention de son baccalauréat et de sa maturité, elle poursuit sa formation à l’Ecole Nationale du Cirque à Berlin où elle obtient son diplôme dans les spécialisations en équilibre sur mains, contorsion et trapèze.

 

Sa carrière l’amène à se produire dans des cirques, parcs d’attractions, bateaux de croisière, soirées de gala et théâtres à travers toute l’Europe. Elle y rencontre son futur mari, Didier Dvorak avec qui elle forme le Duo Robin Street. Mais en 2007 survient une terrible chute depuis un trapèze, Silke Pan se retrouve alors paraplégique.

 

Sourire à la vie

Après plus de quinze ans sur scène, Silke Pan doit dorénavant se trouver une autre profession et d’autres passions. Cette véritable force de la nature a toujours souri à la vie, quoi qu’il se passe. « Apporter du bonheur et du rêve à mon public a toujours été ma vocation et c’est dans cette même énergie que j’ai construit ma nouvelle existence », confie-t-elle. Elle se perfectionne donc dans l’art de la décoration avec des ballons. Avec son mari, elle fonde l’entreprise « Canniballoon Team » basée à Aigle.

 

L’artiste se sert uniquement du haut de son corps
L’artiste se sert uniquement du haut de son corps

 

Parallèlement à sa nouvelle activité professionnelle, Silke Pan, sportive dans l’âme, se lance dans le handbike, puis le fauteuil de course et la natation. Elle repousse les limites et réalise de très bons résultats dont un titre de record du monde de vitesse au marathon en 2013. Elle se classe également vice-championne du monde en 2015, puis championne d’Europe en 2021.

 

Toujours croire en ses rêves

La pandémie a ensuite frappé et avec elle, le confinement. « Toutes les courses ont été annulées. Pour la première fois depuis longtemps, je me suis retrouvée avec du temps pour moi », précise Silke Pan. En poursuivant ses entraînements de handbike, deux fois par jour, elle se pose tout d’un coup une question : « Ai-je autant de force dans les bras qu’à l’époque ? » Cette réflexion pousse Silke Pan à tenter des pompes à la verticale. « Mon mari a trouvé un moyen de rigidifier mes jambes avec un snowboard. Je me suis rendue compte que ce ne sont pas les mêmes muscles qui travaillent, mais j’ai retrouvé certaines sensations qui sont revenues telles des automatismes ; par exemple, mes mains qui cherchaient l’équilibre. J’ai réussi à tenir une petite minute toute seule. C’était tellement incroyable ! Des années durant, j’ai mis des œillères car les souvenirs de cette époque me faisaient souffrir. Mais cette expérience m’a rouvert les portes de la scène ; un rêve que je ne m’autorisais plus à avoir. »

 

Silke Pan et son mari, Didier Dvorak
Silke Pan et son mari, Didier Dvorak

 

Elle s’entraîne alors dans deux disciplines : handbike et équilibrisme. « Mais c’est beaucoup trop, surtout au niveau récupération. Je devais faire un choix », explique-t-elle. Ce choix est toutefois vite fait ; au mois de septembre 2021, à la fin de la saison de handbike, Silke Pan troque son trois roues contre un podium d’équilibre. Avec son mari, elle trouve alors une autre technique pour rigidifier ses jambes : une barre attachée à ses chevilles et en appui sur sa nuque.

 

Une seconde chance

Une nouvelle vie s’offre à Silke Pan. Mais, comme elle l’explique, c’est aussi pour elle une nouvelle manière de pratiquer l’équilibrisme. « Mon handicap ne me permet pas de réaliser toutes les figures qu’il est possible de faire dans cette discipline. La totalité du bas de mon corps, y compris mon bassin, est paralysé. Je dois donc me servir uniquement du haut de mon corps, ce qui demande plus de force et de puissance. »

 

Le risque pour Silke Pan est également plus grand, puisque qu’en cas de chute elle ne peut pas se rattraper sur ses jambes. « Pour certaines figures particulièrement risquées, je suis donc attachée par une longe. Mais cette dernière ne m’aide pas dans mon numéro, elle sert uniquement de sécurité. » Constamment à la recherche de nouvelles performances à présenter, Silke Pan n’oublie pas les autres disciplines qu’elle pratiquait par le passé. « Le porté ou le trapèze sont des activités faisables, mais seulement avec une longe de sécurité car je ne veux pas gâcher cette seconde chance. Cette activité dépasse tout autre plaisir. Le sport m’a aidée à accepter mon handicap, le cirque me permet de l’oublier », indique-t-elle.

 

Est-ce que le public aura la chance de retrouver le Duo Robin Street ? Silke Pan nous confie que « pourquoi pas… », mais son mari préfère pour l’instant lui laisser la scène. « Son numéro est unique au monde », précise-t-il.

 

Pour l’heure, la circassienne, après une tournée au 18e Cirque de Noël de Moudon, se prépare pour d’autres représentations, dont une participation au Festival des Stars de la Magie et des Etoiles du Cirque qui se tiendra du 11 au 13 mars à Fay aux Loges (France).   

 

Vivre ses passions, sourire à la vie et toujours croire en ses rêves, voilà de forts messages que Silke Pan transmet à travers une carrière bien remplie.

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Article écrit par

Zoé Gallarotti

Zoé Gallarotti

Rédactrice en chef

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