chat

 

Pour les uns, les chats errants doivent être éliminés; pour les autres il s’agit là d’une solution bien cruelle. Mais tous s’accordent sur le fait que ces animaux en liberté provoquent bien des problèmes.

 

Le coeur du débat
«Il faut tuer les chats errants.» L’affirmation de Reinhard Schnidrig, chef de la Section pêche, chasse et biodiversité forestière de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) crée la polémique. Selon lui: «Les chats domestiques n’ont rien à faire dans la nature, plus précisément les forêts et les montagnes. Il faut les capturer, il faut les tuer «avec humanité» et ne pas les remettre en liberté. Les chats domestiques devenus errants posent un problème important à la biodiversité locale.» Cette nouvelle initiative se heurte bien sûr à beaucoup d’associations qui protègent les animaux domestiques, comme SOS-chats dont la directrice Tomi Tomek qui crie au scandale: «Nous nous battons pour faire castrer les chats errants. Et je ne vois pas comment un garde-chasse ferait la différence entre un chat domestique qui rentre chez lui et un autre qui est retourné à l’état sauvage.»

 

Récit de Vex (VS)
Elisabeth Calistri, habitante du village, nourrit tous les chats de son voisinage depuis trente ans. Or, cette mesure contre les chats errants à de quoi lui faire peur. En effet, lors de la dernière campagne tous ses chats ont disparu, et pour cause, ils ont été noyés avec tous leurs congénères du village par le vice-président de l'époque. Méthode discutable...

 

Pétition contre cette initiative
Une motion soutenue par SOS-chats Noiraigues, Canibook, sag-coalition, Michel Drucker, la fondation Bardot, Franz Weber et bien d'autres, qui accompagne une pétition munie de plus de 13 500 signatures vient d'être déposée au Parlement à Berne par le conseiller national Luc Barthassat.

 

Une plaie pour la biodiversité
Il ne s’agit ici pas d’une envie meurtrière gratuite lancée contre les félins. En effet, l’instinct prédateur des chats errants cause beaucoup de dégâts dans la nature et surtout sur la faune. Martin Baumann, biologiste à l’OFEV, explique qu’on estime le nombre des chats errants comme celui des chats domestiques à 1,5 million en Suisse. Or, selon une étude britannique, chaque chat tue une quinzaine d’oiseaux par an. Si l’on applique ces résultats à la Suisse, cela revient à plus de 15 millions d’oiseaux tués chaque année. Ce chiffre est important, et, malheureusement, il va au-delà de l’équilibre naturel des espèces. A noter que le chat domestique chasse dans les agglomérations et chasse donc généralement des oiseaux «communs» tels que les merles ou les moineaux, tandis que les chats errants chassent également les oiseaux menacés.

 

Selon Matthias Kesthenholz, biologiste à la Station ornithologique de Sempach, les chats errants ne causent pas seulement des dégâts parmi les oiseaux mais aussi sur d’autres animaux «Dans certaines régions de la Suisse, les lézards ont entièrement disparu.»

 

En résumé
Tuer les chats errants est une solution qui paraît bien cruelle. Ainsi, s’il est facile de comprendre et de suivre les inquiétudes et la colère des protecteurs de l’environnement, il est clair que la solution réclamée est extrême. Mais la débat demeure, car laisser ces chats errer dans la nature en causant une multitude de dégâts sur la faune sauvage n’est pas non plus tolérable, et plus le temps passe, plus il devient urgent d’agir.

 

Solution?
La solution de la castration systématique des chats errants est un début de solution émise par les associations de protection des animaux, qui limitent déjà en quelque sorte les dégâts. En effet, en plus d’oiseaux et de lézards menacés, ce sont les chats sauvages qui risquent de s’éteindre. Nos chats d’appartement sont d’origine africaine, et il existe encore, dans l’arc jurassien, quelques dizaines de chats sauvages suisses. Leur accouplement provoquera ainsi l’extinction complète des chats sauvages. PSA, la Protection suisse des animaux, recommande même la castration et la stérilisation de tous les foyers suisses. Il y a en effet une quantité innombrable de chats craquants et très gentils qui attendent d’être adoptés.

 

Et devant un chat errant, alors?
Le PSA recommande «…à toute personne qui découvre une colonie de chats devenus sauvages, que ce soit dans un jardin ouvrier, sur l’aire d’une fabrique ou dans un parc municipal, d’en informer rapidement l’association de protection des animaux la plus proche. Ces associations savent comment attraper et stériliser les chats sauvages et craintifs et les surveiller après leur libération afin de stériliser immédiatement les éventuels nouveaux arrivants. Les agriculteurs qui souhaitent faire stériliser leurs chats peuvent également s’adresser à la section la plus proche de la Protection suisse des animaux (PSA).»

 

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