La cérémonie de la livraison d’un bus destiné au transport des jeunes d’un club sportif de la région, et auquel la société Union a participé en 2018. A cette occasion, l’ancien président du Cercle du Rhône, Christian Gollut et le nouveau, Marc-Henri Ruchet, se sont fait un plaisir de présenter le logo de la sociétéLa société philanthropique suisse UNION vient chaque année en aide à des personnes ou apporte de notables contributions à des associations. En ce moment plus que jamais, les actes de solidarité sont précieux. Rencontre avec ces philanthropes dont les valeurs sont l’amitié, la solidarité et la tolérance. 

Un précepte : l’entraide

Un philanthrope est une personne qui a pour but d’améliorer la vie de ses semblables. Dans un monde trop souvent égoïste, il y a 177 ans, un groupe d’hommes, dont l'initiateur de ce mouvement, Fritz Marchand, a décidé d’œuvrer dans l’ombre afin d’apporter un petit brin de lumière à ceux qui en ont besoin. C’est ainsi qu’est née cette société qui, aujourd’hui, regroupe plus de 1800 membres répartis dans 39 cercles dont 11 en Suisse alémanique et dont le siège est à Bienne.

Amitié, solidarité et tolérance sont trois valeurs qui réunissent les membres de cette société depuis ses débuts. L’UNION accorde une grande place à l’amitié. Une bonne ambiance est propice au développement. Des rencontres ponctuelles entre les différents cercles permettent d’échanger, de partager et surtout d’avancer vers un objectif commun.

La solidarité est le fondement de l’UNION. Elle peut avoir des formes diverses, mais le résultat est le même. La Société Philanthropique est attentive et tend une main discrète tant à ses membres qu’à d’autres personnes ou associations.

Finalement, la tolérance est aussi importante car elle permet la compréhension des autres. C’est également une manière de se remettre en question et d’accepter des idéologies contraires aux nôtres et cela demande de la force.

Les membres de l’UNION ont tous un seul et même objectif : l’entraide. Les barrières des religions, des genres ou même des croyances politiques sautent. Il ne reste que l’humain, considéré en tant que tel.

Une société discrète

Dans la région, il y a « Le cercle du Rhône » fondé en 1909. C’est ainsi qu’on l’appelle depuis 2013 à la suite d’une fusion entre les cercles de Riviera-Chablais et de Sion. Présidé par Marc-Henri Ruchet depuis 2016, ce cercle compte pas loin d’une cinquantaine de membres provenant essentiellement du Chablais et du Valais central. « Nous sommes toutefois peu connus dans la région », précise le président. La raison est simple, le but de la Société Philanthropique est de rester discrète.

Chaque cercle s’organise indépendamment afin de se faire connaître et recruter de nouveaux membres, mais aussi et surtout pour récolter des fonds. Pour ce faire, les cercles participent à diverses manifestations publiques et organisent des activités de solidarité comme à Noël, par exemple, pour la récolte de denrées de première nécessité. Les actions sont donc nombreuses et variées. « Toutefois, cette année, nos activités n’ont pas pu se faire en raison de la pandémie », précise Marc-Henri Ruchet. En effet, le manque de manifestations et les réglementations du Conseil fédéral ont mis à mal les actions de l’UNION, tout comme leurs rencontres. « Habituellement, deux rendez-vous annuels permettent aux philanthropes de se rencontrer, ainsi que des assemblées organisées régionalement. J’aime y participer et me faire de nouveaux amis. On découvre des personnes que nous n'aurions pas rencontrées autrement. »

Mais là où l’UNION est vraiment discrète, c’est au niveau des dons réalisés. « Chaque cercle a une commission – L’action de la fenêtre ouverte – composée de trois membres. Ce sont eux qui recherchent des personnes dans le besoin ou des associations non subventionnées. Elles établissent une liste avec plusieurs propositions. Le choix final revient au président de cette commission en collaboration avec le président du cercle. Personne d’autre n’est mis dans la confidence, mise à part évidemment le trésorier de la société, et nos statuts sont stricts à ce niveau. Chaque don passe ensuite par le siège central à Bienne qui peut doubler la somme si l’initiative est dans l’esprit de la société philanthropique. »

Un soutien important

En moyenne, cinq à six personnes ainsi qu’une association sont soutenues chaque année par le cercle du Rhône. « Parfois c’est délicat de détecter une personne défavorisée et encore plus délicat pour qu’elle accepte de l’aide. Nous ne donnons pas d’argent directement, mais, par exemple, nous payons une ou plusieurs factures ou leur achetons ce dont elles ont besoin. Du côté des associations que nous soutenons, il s’agit d’organismes dont les objectifs sont semblables aux nôtres. L’idéal serait une collaboration plus importante avec les associations qui sont moins tenues par la discrétion. On aimerait également pouvoir aider plus de monde et, surtout, trouver plus facilement les personnes défavorisées. »

En 2018, la société philanthropique suisse UNION a fêté son 175e anniversaire. Différentes associations ont été soutenues, comme par exemple l'Association Décrochez la Lune à Saint-Ursanne, les Petites Familles aux Reussilles, le Chien Le Copain, le Groupement Romand de Skieurs Aveugles (GRSA). La société philanthropique a apporté une contribution à la rénovation du chemin de Verana à Soleure. « Plus près de chez nous, des dons ont été attribués à des sections juniors de clubs sportifs. Une autre association dans le Bas-Valais a également bénéficié, l'année dernière, de notre aide pour l'achat de matériel médical pour personnes handicapées. Des contributions ont également été faites à d’autres associations ainsi qu’à des personnes privées. Le cercle du Rhône, quant à lui, va prochainement remettre un chèque de 6’000 francs à l'association « La Grange » ( Croch-Coeur ), qui organise et sert des repas pour personnes âgées et occasionnellement  accueille des enfants scolarisés, pour le repas de midi. »

Marc-Henri Ruchet a rejoint la Société philanthropique en 1992. Il a été parrainé par un ami, comme l'exigent les statuts. « À ce sujet, une petite anecdote pour illustrer le caractère fortuit de mon adhésion à l'Union. À l'époque, j'exerçais encore mon activité de garagiste et il m'arrivait, lorsque la situation l'exigeait, de devoir terminer la réparation d'un véhicule jusque tard dans la soirée. Ce soir-là, je m'apprêtais à fermer le garage, vers 23h lorsque deux clients, en l'occurrence deux amis, sortant d'une quelconque réunion, se présentent devant la porte et m'invitent à partager un moment d'amitié et de dialogue. En fait il s'agissait d'un véritable « guet-apens » pour m'inviter à devenir membre de cette société Union. » Chaque année, les membres doivent payer deux contributions : pour le cercle du Rhône et pour le siège à Bienne. « Les cotisations ne sont pas onéreuses, mais ça permet d’aider. La philanthropie ce n’est toutefois pas donné à tout le monde. C’est populaire, social, modeste et ça rend service. Toutefois, seuls les hommes peuvent être membres. Il ne faut pas oublier que la création de la société philanthropique suisse UNION date de la fin du XIXe siècle. Mais il y a eu depuis maintes demandes pour accueillir des femmes. D’ailleurs, pour devenir membre c’est parfois délicat car les futures recrues doivent demander la permission à leurs épouses », explique Marc-Henri Ruchet sur le ton de la plaisanterie avant de conclure : « La gente féminine serait la bienvenue, car ça assouplirait les discussions. »

Informations
https://union.swiss/
 
 
Photo : Cercle du Rhône