Frédéric Borloz ne se représente pas aux prochaines électionsDéputé PLR au Grand Conseil entre 2002 et 2015, élu au Conseil national et syndic d’Aigle depuis 2006, Frédéric Borloz a choisi de ne pas briguer un quatrième mandat à la syndicature. La politique le passionne, et il entend continuer de s’y consacrer au niveau fédéral. Disponible et accessible, il a répondu, de bonne grâce, au questionnaire* dit de Proust, révélant ainsi, aux lecteurs, des facettes moins connues de sa personnalité.

« Mon principal trait de caractère : un alliage de calme et d’impatience. Les petits soucis m’agacent, tandis que la réflexion sur de grandes problématiques me stimule. L’humour et la sincérité représentent des qualités que j’apprécie chez mes contemporains, qu’ils soient hommes ou femmes. En ce qui concerne mes proches, leur fidélité m’est précieuse. Je ne m’ennuie jamais des gens. J’éprouve un immense plaisir à revoir mes amis comme si je les avais quittés la veille. Mon principal défaut : désirer plus. Rien n’a de fin en soi, on peut toujours aller plus loin. La vie politique demeure mon occupation préférée. Le même plaisir à m’investir m’anime aujourd’hui comme au premier jour. Je reste profondément attaché à ma région, et je compte maintenir mes engagements pour des actions locales auxquelles je crois dans les transports, les arts, l’économie et le tourisme malgré mon mandat national.

Un rêve ? Un parcours dans le monde de la viticulture, une aventure humaine hors du commun qui a donné naissance à un patrimoine unique. Déguster des vins s’apparente à un voyage merveilleux. Si mon médecin m’interdisait d’en boire, je ressentirais beaucoup de tristesse.

Un pays où vivre ? La Suisse. Je ne me lasse ni de ses splendeurs ni de ses montagnes. Mais j’ai récemment découvert le sud de la Sardaigne. J’ai été touché par la beauté de ses paysages, la saveur de sa nourriture et l’authenticité de ses habitants.

Ma couleur préférée ne surprendra personne, car c’est le bleu, comme la majorité de mes concitoyens. Il existe d’ailleurs de nombreuses petites fleurs de cette couleur parmi les fleurs des champs dont les compositions fantasques me ravissent. Quant aux oiseaux, j’aime observer l’élégance des pies bagarreuses. Leur rapidité me captive.

Côté culture, j’admire Émile Zola, tant pour sa sincérité que son engagement. « La Terre » et « Germinal » m’ont particulièrement marqué. En musique, mes goûts s’avèrent éclectiques : de Bach à Bowie. En ce qui concerne l’art, je ne suis qu’un amateur, mais je suis ravi que notre commune propose aux créateurs un lieu dédié aux expositions : l’Espace Graffenried.

La notion de « héros » ne résonne pas en moi. Certaines figures ont permis de grandes avancées dans l’Histoire de l’humanité : César, Marc-Aurèle, Madame de Staël et Benjamin Constant, parmi tant d’autres. Il en est de même pour certaines époques telles que le Moyen Âge ou Les Lumières. Sans ces dernières, nombre de changements actuels n’auraient pu voir le jour. Je pense au mariage pour tous, pour n’en citer qu’un.

Ce que je déteste par-dessus tout ? L’ingratitude. Le comble pour un politicien. Je suis conscient que je serai bien vite oublié. Le temps nécessaire pour être connu, n’en parlons pas. Le terme « mépriser » n’appartient pas à mon vocabulaire. Certains m’ennuient ou m’entravent, mais je ne saurais les mépriser pour autant. Ma porte reste toujours ouverte. Je ne refuse jamais de demandes de rendez-vous, même de personnes dont les opinions divergent totalement des miennes.

Peut-être certains s’étonneront, mais la réforme que j’estime le plus est la Réforme avec un R majuscule. Elle a donné plus de libertés, élargi l’accès à la connaissance, et cultivé les esprits. Elle est intervenue à un moment charnière de l’Histoire. C’est aussi le cas aujourd’hui. Personnellement, je me sens serein, mais je reste soucieux à l’échelle de la collectivité. Nous nous trouvons face à de grands défis. Le système démocratique a perdu une partie de la confiance des citoyens. Je m’étonne de la conviction de tout un chacun d’avoir raison. De mon côté, j’ai besoin du doute pour choisir. Le clivage des opinions ne permet pas de débats constructifs. Peut-être faudrait-il réfléchir à d’autres alternatives décisionnelles, mais pour le moment, j’ignore lesquelles. »

*Version revisitée

 

Photo : M. Azéronde

 

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