3 soeurs2Sophie, Caroline et Delphine Duplan sont trois sœurs qui ont décidé de s’investir dans un projet commun : l’ouverture d’une boutique d’habits de deuxième main. Un rêve devenu réalité il y a quelques mois. Portrait de ces drôles de dames, «trois jeunes femmes, belles, intelligentes et indépendantes, (…)».

L’histoire débute dès leur plus jeune âge… En effet, trois filles à vêtir, il faut parfois être malin. C’est pourquoi leur maman les a initiées aux habits de seconde main. Ça tombait bien, puisqu’elle tenait justement une boutique de vêtements de seconde main pour enfants. Les pommes ne sont pas tombées loin de l’arbre, puisque quelques années plus tard, les trois sœurs aux armoires débordantes, décident de donner une autre chance à leurs vêtements, ceci dans un souci écologique. «La mode ce n’est pas mauvais, mais ça pousse à la surconsommation.»

En effet, d’après Greenpeace, la production d’un seul tee-shirt en coton nécessite en moyenne 2700 litres d’eau. L’estimation monte à 7000 litres pour une paire de jeans classique (car le jean, c’est surtout du coton). Or il se vend chaque année environ 2 milliards de paires de jeans dans le monde ce qui représente 14'000 milliards de litres… rien que ça ! Toutefois, ce n’est que la partie émergée de l’iceberg puisque l’industrie vestimentaire est la deuxième plus polluante au monde. Le coton est d’ailleurs la fibre naturelle la plus produite. Sa production demande l’emploi d’un quart de tous les pesticides utilisés sur la planète. Cette matière est aussi la troisième plus grosse consommatrice d’eau d’irrigation, après le riz et le blé. Il ne faut ensuite pas oublier la conception des vêtements, la teinture employée pour ces derniers puis la distribution. Il y a de quoi réfléchir avant d’acheter un t-shirt que l’on portera seulement une poignée de fois avant de le jeter. Au final, les Européens jettent quatre millions de tonnes de vêtements par an. La grande majorité ne passe même pas par la case recyclage. On connaissait le gaspillage alimentaire, mais le gaspillage vestimentaire on en parle ?

3 soeursSista Frip
Revenons à nos trois supers nanas – promis, j’ai bientôt épuisé toutes les références télévisuelles mettant en scène trois filles – qui ont débuté leur projet sur les marchés. Elles ont ainsi commencé à revendre de nombreux vêtements qui parfois n’avaient même jamais été portés. Ne froncez pas les sourcils, on a tous des habits jamais portés au fond de son armoire ! Elles ont ensuite décidé, en plus des marchés, d’ouvrir une boutique. C’est à Bex, plus précisément aux Dévens dans un local annexé à la maison maternelle, que les trois sœurs ouvrent Sista Frip chaque premier vendredi du mois de 17 à 19 heures. Caroline, en formation de thérapeuthe en réflexologie générale, y exerce aussi régulièrement son métier d’esthéticienne. «Notre souhait était d’optimiser un lieu existant en y rattachant des activités communes dédiées au bien-être et au partage», confient les trois sœurs qui souhaitent faire de ce rêve une entreprise viable. En attendant, Sophie travaille dans l’enseignement et Delphine suit une formation de professeur de Yoga.

«Nous prenons les habits que l’on nous donne, les trions et ne gardons que ceux qui sont en excellent état. Le surplus est transmis à des associations locales comme le foyer pour migrants à Bex. Nous leur donnons d’ailleurs des vêtements de qualité, en bon état, car ce qui ne l’est pas est déposé dans les conteneurs de collecte de textiles.» Rien n’est gaspillé avec Sista Frip qui propose du choix pour tous, des enfants aux personnes âgées et pour toutes les morphologies avec des tailles larges. Côté choix, les collections sont diverses, il y en a pour tous les goûts avec même quelques habits de marques ou vintages et que l’on ne trouve plus sur le marché. Bien que tout ce qui est proposé semble neuf, le prix, lui, reflète le concept deuxième main : majoritairement entre 4 et 40 francs, sauf exceptions. Et il n’y a pas que des habits, mais également des chaussures, des bijoux, dont certains créées par leurs amis et des lampes confectionnées par leur maman à partir de matériaux trouvés dans la nature. «Actuellement, nous aimerions élargir notre collection pour hommes. Nous espérons que ces messieurs nous donneront eux aussi des vêtements que nous pourrons ensuite revendre en boutique afin de satisfaire tout le monde.» Notons que ceux qui donnent des vêtements à Sista Frip sont récompensés et ne repartent généralement pas les mains vides. Il est finalement bon de rappeler que Sista Frip est ouverte à tous, il n’est donc pas nécessaire de gagner peu d’argent pour profiter des multiples trésors que renferme la boutique.

Les trois sœurs sont complémentaires et savent se soutenir. «Le but de cette activité est aussi de nous réunir autour d’un même projet en accord avec nos valeurs. L’idée finale serait même de déplacer la boutique au cœur d’une ville afin de gagner en visibilité.» Mais les filles gardent la tête sur les épaules et avancent étape par étape. En attendant, en plus de la boutique, il n’est pas impossible que vous les croisiez sur des marchés : trois filles au grand sourire, vous les reconnaîtrez !


Informations
Sista Frip
Les premiers vendredis de chaque mois de 17 à 19 heures
Chemin des Vélaires 2
1880 Bex
077 253 17 57
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