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Lombri

L'ère écologique dans laquelle nous vivons, nous pousse à trier nos déchets. Le compost est donc devenu une habitude pour un bon nombre de personnes. Mais il existe une étape encore plus écologique et efficace que le compost : le lombricompostage.

La Suisse est le deuxième pays, derrière le Danemark, qui produit le plus d’ordures au niveau européen. Chaque année, on comptabilise environ 1,67 million de tonnes de biodéchets urbains. Un peu moins de la moitié, soit 0,77 million de tonnes, sont collectés séparément par les communes et sont ensuite valorisés par compostage ou méthanisation. Le reste finit dans les sacs-poubelles, dont il constitue environ un tiers, soit la plus grosse fraction de déchets.

En 2017, on comptait 1302 tonnes de compost récolté pour la commune d’Aigle, contre 1100 tonnes pour celle de Bex. À savoir que sur ce chiffre de la cité du sel, près de 380 tonnes de déchets verts étaient souillés et ont dû être acheminés à la SATOM comme déchets incinérables. Comme quoi trier c’est bien, mais le faire correctement c’est encore mieux ! Un véritable mal qui empire dans tout le pays. Aigle fait d’ailleurs appel à un agent de propreté qui verbalise chaque jour des personnes qui déposent n’importe quoi dans les éco-points. Malgré cela, la situation est alarmante.

Bref, revenons à notre compost, ou plutôt à notre lombricompost. Et pour nous en parler, nous avons rencontré Sylvain et Agnès Gerber, respectivement agriculteur-maraîcher et horticultrice, mais surtout spécialistes de la lombriculture.

 

Unique dans la région

Ceux qui font la lombriculture professionnelle en Suisse, on peut les compter sur les doigts d’une main. Dans toute la région, Sylvain et Agnès Gerber sont les seuls à la pratiquer. En 1983, ils ont repris l’exploitation familiale qui existait depuis les années quarante et qui cultivait, entre autres, des fraises, des betteraves et des céréales. Trois ans plus tard en1986, le couple, à la demande d’un membre de la famille également agriculteur dans la région, s’est lancé avec eux, en plus de leurs cultures, dans la lombriculture. «Au départ, ce n’était pas dans un soucis écologique, mais dans le but de se diversifier», précise Agnès Gerber.

Ce procédé a vu le jour aux États-Unis dans les années septante. Petite anecdote : au Xe siècle, un savant indien (Surpala), reconnaissait déjà la valeur des vers de terre pour la croissance des plantes. Presque mille ans plus tard, Charles Darwin a lui aussi étudié les vers de terre et les appelait «friends of farmers», soit les amis des agriculteurs. Mais dans les années huitante, en Suisse, la lombriculture n’était pas vraiment connue, ni reconnue. «L’époque d’alors n’étant pas encore réceptive aux produits de recyclage. Les débuts ont d’ailleurs été laborieux tant pour l’apprentissage des techniques d’élevage de lombrics que pour la commercialisation du lombricompost fini»

Le couple a repris les rênes de la lombriculture en 2002 et il propose depuis deux produits phares dans leur exploitation: le lombricompost qui est le résultat de la digestion du fumier par les lombrics, appelé «Lombritonus» ainsi que le Terreau Gerber qui est un mélange de lombricompost, d’écorces compostées et de composts recyclés. «En plus, nous vendons également de l’écorce de couverture pour les jardins et les allées, ainsi que des plaquettes de bois pour la même utilisation, c’est-à-dire empêcher l’érosion, maintenir l’humidité dans le sol et empêcher la pousse des mauvaises herbes, ou pour les aires de jeux. Depuis 2008 ont vend aussi des lombricomposteurs.»

 

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Sylvain et Agnès Gerber avec leur lombricomposteur

Du savoir-faire et du temps

«La première étape est la réception du fumier, principalement du fumier bovin apporté par les paysans de la région qui disposent généralement de plus de fumier qu’ils ne sont autorisés à utiliser. Le fumier est ensuite disposé en andin, c’est-à-dire en ligne. Vont ensuite venir naturellement les vers pour faire leur travail.»

Alors qu’il existe plus de 3000 espèces différentes de vers de terre, on peut toutefois les regrouper en trois catégories : les vers qui sortent de la terre (les anéciques) qui recherchent leur nourriture à la surface du sol, les vers dans la terre (les endogés) qui creusent de profondes galeries et se nourrissent de terre mélangée à de la matière organique, ils font partie des Lombricus Terrestris et les vers de surface (les épigés) qui se nourrissent directement de matière organique et de végétaux en décomposition. Dans la lombriculture, c’est bien entendu cette troisième catégorie qui nous intéresse. Plus précisément l’Eisenia Foetida appelé aussi ver rouge de Californie ou ver du fumier. Mais il ne faut pas croire que l’exploitation Gerber importe ses vers. Non, ils existent naturellement sur toute la surface de la terre et se retrouvent là où il y a de la matière organique à décomposer. De Californien, ils n’ont que l’origine des personnes qui ont trouvé leur utilité pour le lombricompostage.

Afin de nourrir ces litières, il suffit d’ajouter petit à petit du fumier car les vers vont manger de bas en haut. Le suivi du procédé est rigoureux et si on les nourrit trop tôt, les vers ne mangeront pas tout ce qu’il y a dessous et si on l’ajoute trop tard, les vers vont partir ailleurs se nourrir.

«Lorsque le lombricompost est prêt, on récolte la litière que l’on fait sécher dans un ancien séchoir à tabac. On le brasse de temps en temps, ensuite on le tamise et, finalement, il est conditionné pour être vendu soit en vrac et en sac ou préparé en Terreau.

La totalité de ce processus demande du temps, soit entre un an et demi à deux ans. Mais cela demande aussi du savoir-faire et une météo favorable au bon fonctionnement du procédé.

 

Les propriétés du lombricompost

Le lombricompost a de nombreux avantages que voici :

  • Augmentation des capacités d’autodéfense de la plante, résistance à la sécheresse par une grande rétention d’eau.
  • Amélioration de la porosité et de l’aération des sols.
  • Avancement de la maturation des fruits, des fleurs et des légumes.
  • Disparition presque totale de l’effet de choc provoqué par la transplantation.
  • Augmentation de la précocité, prolongation des périodes de floraison et de fructification des plantes.
  • Libération lente des substances minérales donnant à la plate une source d’alimentation constante pendant sa période de croissance.
  • Amélioration des capacités naturelles du sol et correction du pH vers la neutralité.
  • Après traitement stérilisant (vapeur, etc.) l’utilisation répétée du lombricompost redonne au terrain une activité microbienne agronomiquement très utile.
  • Meilleure assimilation des éléments minéraux par l’augmentation du complexe absorbant du sol.

En gros, avec du lombricompost les plantations poussent plus vite, sont plus solides et résistantes et ne demandent donc pas d’apport d’engrais ou d’autres produits chimiques. Un véritable trésor offert par la nature. D’ailleurs, chez Sylvain et Agnès Gerber, les courges sont déjà géantes en plein mois de juillet !

Le couple Gerber vend surtout son lombricompost à des paysagistes, des privés, des professionnels ainsi qu’aux communes de la région, ce produit étant trop onéreux pour être utilisé en agriculture conventionnelle. «Par contre des professionnels bio viennent s’en approvisionner.»

 

Lombricomposteur : produisez votre propre engrais

Un autre des produits phares de Sylvain et Agnès Gerber est le lombricomposteur. Cet appareil, décliné en trois formats, permet à tout un chacun de produire son propre lombricompost sans difficulté pour ensuite en faire profiter son jardin, sa terrasse ou son balcon. Le couple espère ainsi sensibiliser la population au lombricompostage individuel, puisqu’il faut le reconnaître, ce compost 2.0 n’a pas encore forcément la popularité qu’il mérite.

Ainsi, parmi les trois formats proposés on en trouve un rond à deux plateaux (pour 1 à 3 personnes), un rectangulaire à deux plateaux (jusqu’à 4 personnes) et un rectangulaire à 3 plateaux (pour 5 à 7 personnes). Chaque plateau permet de récolter environ 10kg de lombricompost humide utilisable de suite ou alors 5kg de lombricompost séché à l’air pour être mis en sac et utilisé ultérieurement. Pour une culture en jardin par exemple, une poignée de lombricompost pour à chaque trou de plantation suffit, tandis que pour les plantations en pot, le lombricompost doit être mélangé à du terreau basique.

Les lombrics sont pourvus chacun de 5 cœurs et travaillent jour et nuit au recyclage des déchets organiques. Ils n’ont pas d'yeux, ni d’oreilles, n’émettent pas de sons et mangent l’équivalent de la moitié de leur poids chaque jour. Ils migrent en passant au travers des 2 ou 3 plateaux selon la taille du lombricomposteur choisi, au moyen des trous prévus à cet effet et conçus à leur taille. Les lombrics, fournis à la base par le couple Gerber, se reproduisent en fonction de leur espace vital et de la quantité de nourriture qui leur est donnée. Les œufs, appelés capsules, mettent 3 semaines pour éclore et peuvent donner plusieurs petits, qui mettront 3 semaines à grandir et atteindre leur maturité qui leur permettra à leur tour de se reproduire.

Pas besoin d’arroser : il suffit de récupérer le liquide au moyen du robinet, il est issu de l’écoulement naturel provenant de la déperdition en eau des déchets. En passant à travers les plateaux, il s’enrichit des nutriments présents dans le lombricompost et cela en fait un remarquable engrais liquide (appelé aussi «thé de vers»), à diluer à 10 % pour toutes vos plantes de jardin, de balcon ou d’appartement.

Et, finalement, contrairement aux idées reçues, comme pour le compost, lorsqu’il est bien géré, le lombricomposteur est inodore, parce que les lombrics ont cette étonnante particularité qu’en passant partout, ils neutralisent les odeurs. Ils interviennent ainsi avant la fermentation. Ceci est dû à la teneur d’une substance apparentée au ‘pénicillium’ qui est un antibactérien naturel contenue dans leur corps.

 

Conclusion

Alors… convaincus ? Nos chers vers de terre n’ont pas toujours autant eu la cote. Classés dans la catégorie dégoûtants, on n’imagine pas à quel point ils peuvent être utiles, chacun à sa manière. La lombriculture nous permet de regarder ces petits êtres différemment et surtout elle nous apprend à composter d’une manière différente et bien plus efficace.

Vous souhaitez vous y mettre ? Il faudra toutefois attendre le 27 août avant de pouvoir vous procurer votre lombricomposteur chez eux. En attendant, Sylvain et Agnès Gerber profitent de vacances bien méritées. Et puis de toute manière, la chaleur de l’été ne permet pas le transport de lombrics, sensibles à la chaleur, puisqu’ils livrent aussi dans toute la Suisse. Mais encore un peu de patience et vous pourrez composter d’une manière différente, originale et surtout incroyablement efficace !

 

Informations

Sylvain et Agnès Gerber
Le Grand Pré 2 ,
1867 Ollon
This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.
079 628 60 77
079 276 38 90
 
 

Photo : Z. Gallarotti

 

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