«Un week-end à Deauville», presque deux heures de folie hilarante présentée, trois soirs de suite, les 2, 3 et 4 mars dernier au théâtre du Châtel-sur-Bex. En effet, c’est en compagnie des Compagnons de Duin que nous avons eu l’occasion de décoller en direction de vaudeville… euh, pardon, de Deauville !

Compagnon

 

Veuillez attacher vos ceintures, on s’envoie en l’air !

Une comédie en quatre actes de Gérard Levoyer dont la mise en scène a été modelée par Eddy Vouillamoz. Dès le début de la pièce, on pressent que ça ne va pas être triste. Le rythme est donné. Six acteurs qui papillonnent dans des sphères coupables se jouent des mots afin d’éviter les maux. L’adulte-terre subtilement sa vérité en se jouant de ses envies à peine dissimulées. Il y a Clément, le mari qui cocufie Mélanie, sa femme qui elle, se refuse à Simon, l’ami qui lui, met toute son énergie à la faire sienne. Sans oublier Jean-Loup, préférant les tournedos plutôt que les steaks de pouline. Jean-Loup qui ne comprend rien à rien, mais qui est là, tout entier comme un soutien à cette folle cavalcade. Ah, faut pas oublier Ursule, nymphomane de son état, la sœur de la femme du mari, myope comme une taupe, à la libido en éruption. Et pour terminer Gisèle la maîtresse, celle qu’on prend à l’occasion et qu’on range lorsqu’on se sent en faute… Cet imbroglio sanguin virevolte à cent à l’heure dans des situations plus que cocasses. Jeux vocables, remises en question, plaisirs interdits, tout cela dans une ambiance à faire pleurer de rire les spectateurs qui ne regrettent pas le voyage burlesque qui leur est offert.

 

Une troupe aux yeux pétillant de passion !

Malgré un travail titanesque, si l’on adjoint l’organisation, la billetterie, la cantine, les décors, les costumes, les coiffures et les maquillages, sans oublier, le presque plus important, le par cœur de la partition, c’est à chaque fois un éblouissement que ressent chaque membre de la troupe lors des soirées-spectacles qu’ils nous offrent. Une belle famille qui est unie dans le labeur, les rires, la joie et la bonne humeur. Pour les saltimbanques des Compagnons de Duin, le vrai bonheur c’est lorsqu’ils se retrouvent, dès le mois de septembre, et ce, chaque année, afin de mettre sur pied une toute nouvelle pièce. Ces moments sont sacrés, uniques, ils représentent un entracte dans la vie de tous les jours, une respiration qui unifie d’un même élan ceux qui la vivent, un coït intégral qui s’atteint en offrant au public, tel une explosion sensorielle, un peu de soi et même beaucoup.

 

Investissons discrètement le cœur de ceux qui, pour un temps, se sont retrouvés au-devant de la scène !

 

Eddy Vouillamoz alias Simon :

Eddy entame sa vingtième année au sein de la troupe des Compagnons de Duin. Pour lui, il est impensable de concevoir sa vie sans eux. Il en est d’ailleurs le metteur en scène. Ses début en tant qu’acteur, il les voit dans un petit rôle, mais comme il est tombé, depuis, dans le chaudron de la passion, sa partition s’est vu prendre son envol. Jouer lui apporte un bien-être dans la tête, il se sent détendu, déstressé des aléas de son quotidien. En plus, il trouve, auprès de ces acolytes, plein d’affection et de complicité. Donc, en un mot comme en cent, ce n’est pas demain qu’Eddy arrêtera d’user ses pompes sur le plancher de la scène…

 

Grégory Douilly alias Clément :

C’est l’amour pour une femme, sa femme, actrice de son état, qui a développé dans le cœur de Grégory sa passion pour le théâtre. Admirant sa douce moitié évoluer sur les planches, son envie de faire pareil s’est installé fortement en lui. Depuis trois ans, il vit ces merveilleux moments qui lui apportent un bol d’air heureux au fil des répétitions. Chaque année, c’est avec impatience que Grégory attend le début de l’aventure que représente la mise en place d’une toute nouvelle pièce. Etre acteur, c’est se découvrir, oser de nouveaux défis et surtout apprendre des autres.

Roland Bonzon alias Jean-Loup :

Roland, c’est 25 ans de loyaux services dans les bras de cette troupe de théâtre, pour le meilleur comme pour le pire. Pendant 14 ans, c’est en tant que metteur en scène qu’il officie. S’en suit une année sabbatique qui lui permet de vaquer à des priorités personnelles. Ensuite, sur un malentendu, il enfile le costume d’acteur. Il est vrai que les autres artistes n’ont pas laissé passer l’opportunité de le convaincre de réintégrer la troupe. Pour lui, plus qu’un agréable passe-temps, c’est une histoire de cœur. Evoluer et grandir ensemble évoque, pour Roland, la meilleure façon d’être vivant.

 

Margareta Douilly alias Mélanie :

Grâce à sa sœur, elle débute en tant que souffleuse. Bien évidemment, comme tous les acteurs de la troupe, elle s’est vu contaminée par le virus de l’actricisme (Petit Robert : l’art de jouer sur scène !). Ironie du destin, lors de sa première représentation où il est question d’une femme enceinte, elle l’est aussi. Et encore plus amusant, pour sa deuxième prestation, où elle joue le rôle d’une vieille fille vierge de chez vierge, elle attend son deuxième enfant. Depuis une douzaine d’années, en compagnie de ses pairs, Margareta se sent de plus en plus épanouie. Elle est consciente d’avoir la chance de partager une chose rare et précieuse : une amitié vraie et sincère. Même si quelquefois, à la fin des spectacles, l’épuisement est bien là, elle est toujours prête et heureuse de recommencer l’aventure.

 

Laure Tagan alias Ursule :

Trois années à évoluer, main dans la main avec les Compagnons de Duin et c’est qu’elle ne s’en lasse pas la coquinette. Depuis toujours, elle affectionne le théâtre. Sa cousine, ayant compris que Laure est faite pour être actrice, l’a poussée à oser la bravade de s’exposer sur scène. Pour Laure, ce fut comme un challenge l’obligeant à sortir de sa zone de confort. Fière de sa victoire, elle ne regrette surtout pas d’avoir relevé ce défi. En plus, elle se marre en repensant à toutes ces parties de rigolade qui ont jalonné le temps des répétitions.

 

Sabine Lorenz alias Gisèle :

C’est timidement que Sabine se confie. Ses débuts en tant qu’actrice ont été périlleux. Elle dit que savoir son texte sur le bout des doigts ne veut pas dire qu’il va sortir tout de go lorsqu’on se retrouve devant le public. Cela se trouve être sa plus grande peur. Après une pause, plus que positive, elle s’est donné comme challenge de remonter sur scène afin de vaincre sa crainte des trous de mémoire. Ce qu’elle a fait brillamment cette année. Sabine dit qu’elle a trouvé une famille de cœur chez les Compagnons de Duin. Elle aime la convivialité qu’on y rencontre ainsi que tous ces instants de babillage complices qui cadencent les soirs de travail.

 

En conclusion 

Faire partie d’un tout, se donner tout entier pour une cause commune, partager ce bonheur collectif sans rien attendre en retour si ce n’est la satisfaction et l’allégresse de ceux qui le reçoivent représente l’harmonie des Compagnons de Duin. Le don de soi est un parfum qui reste sur la main de ceux qui offrent la rose de l’amitié… !

 

Phot0: J. Garcia

 

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