Photo: Zoé GallarottiCes dernières années, les chiens ne font pas l’unanimité, notamment avec les nombreux accidents survenus mais aussi par les médias attaquant les races et non les maîtres. Depuis, diverses solutions ont été mises en place telles que le port de la muselière obligatoire dans certaines villes et les cours de dressage, également obligatoires pour tous les chiens. Cependant, ces lois ne sont pas surveillées et chacun agit comme bon lui semble. C’est ce qui s’est d’ailleurs passé le 26 mars dernier au bord de la Grande-Eau à Aigle, lorsqu’un terrier tibétain se fait sauvagement agresser par un amstaff (american staffordshire terrier) et un bull terrier détachés et sans muselière.

 

Une histoire à dormir debout

«Larki», voilà comment s’appelle ce jeune terrier tibétain de deux ans et demi, appartenant à l’Aiglonne Béatrice Huaman. Ce chien, aussi haut et dangereux qu’un caniche nain, se promenait tranquillement sur Aigle aux côtés de «Chilly», un bichon croisé teckel et sa maîtresse, profitant de l’un de ses tours quotidiens lorsqu’il croisa un homme promenant trois chiens, tous détachés et sans muselière. Parmi eux, deux chiens de type dit agressif: un amstaff et un bull terrier et un autre plus petit, un terrier croisé. Lorsque Béatrice Huaman remarqua le type avec ses trois chiens, ce dernier attacha le bull terrier devenant agité. Sans aucune surveillance, le terrier croisé et l’amstaff s’approchèrent de Béatrice Huaman. Il aura suffi de quelques secondes pour que l’amstaff agresse le pauvre «Larki», qui, sans défense, essayait de se libérer des crocs de l’autre chien. Le promeneur des trois chiens se fit mettre à terre par son bull terrier qui sauta à son tour sur «Larki». Béatrice Huaman, sans hésiter, intervint et essaya de séparer son animal apeuré de ses agresseurs, sous les cris totalement ahurissants du type à terre, gueulant «…faites quelque chose pour que mes chiens lâchent le votre!». Durant plusieurs minutes, Béatrice, au risque de sa vie, tenta de sauver son chien, bien mal pris. Lorsqu’elle y arriva enfin «Larki» partit en courant, presque rattrapé par l’amstaff bien décidé à le tuer, qui abandonna, et par chance, finalement, sa course-poursuite. Le promeneur des trois chiens s’est ensuite relevé et très rapidement est parti, en délit de fuite, sans même laisser un nom ou un numéro. Choquée, Béatrice Huaman appelle Jean-Claude Laichère, employé communal, qui arriva très rapidement sur les lieux soutenir son amie. Ce dernier, une fois sur place, appela la brigade canine. «Larki» s’est vu le jour même emmené chez un vétérinaire qui lui sauva de justesse la vie.

 

L’amstaff et le bull terrier toujours en liberté

Quelques jours suivant l’agression, Béatrice Huaman souhaite porter plainte, ayant retrouvé le nom des propriétaires de trois chiens qui se révélaient ne pas être tous au type qui les promenait. En effet, l’amstaff et le bull terrier qu’il n’a pas réussi à maîtriser appartenaient à une amie à lui. Cependant, et selon la brigade canine, lorsque ce sont deux chiens qui sont concernés et non les maîtres, il est impossible de déposer une plainte. Les quelque Fr. 10 000.- de vétérinaire, cours canins et comportementalistes pour redonner confiance à l’animal seront donc bel et bien à la charge de Béatrice Huaman. Cette dernière se demande si le bull terrier et l’amstaff seront punis, et la surprise continue. En effet, fin mars, les cinq chiens sont contrôlés par la brigade canine et le service vétérinaire. Si, officieusement, les autorités laissent entendre qu’un terrier tibétain aurait beaucoup de mal a attaquer un chien deux fois plus grand que lui comme un amstaff, officiellement les rapports indiquent qu’aucun résultat n’a été prononcé, et ce pour plusieurs raisons. La principale serait que, lors de l’arrivée de la police, le promeneur des trois chiens n’était plus là, et ce dernier aurait eu l’audace de dire que c’est le terrier tibétain qui aurait été le premier agresseur. Sous ces faits, il est impossible de déterminer qui est en tort et qui ne l’est pas. Pour cette raison, les trois chiens et même le bichon croisé teckel et le terrier croisé, qui n’ont tous deux rien à voir dans l’histoire, sont considérés comme agressifs. En cas de problèmes à nouveau, ces animaux pourraient se voir saisir et placer en fourrière. Cependant, le rapport final indique tout de même que «Larki», à la suite de cette agression, est traumatisé et serait évalué comme sans risque particulier vu la taille et le poids n’atteignant pas les 10 kilos. Donc, qu’en est-il pour l’amstaff et le bull terrier? «D’après la brigade canine et le service vétérinaire, ces deux chiens sont considérés comme dangereux. D’autant plus que la propriétaire a déjà rencontré des problèmes avec de nombreuses personnes sur Villeneuve avec ces chiens et qu’aucune punition n’avait été donnée», note Béatrice Huaman. Selon Patrick Schlaefli, éducateur canin de Bex, les propriétaires de l’amstaff et du bull terrier auraient pris contact avec lui car ils seraient obligés de prendre des cours de dressage. Pas de suite donnée pour autant, à savoir que Béatrice Huaman fait déjà des cours chez lui.

 

En conclusion, deux chiens dits agressifs se promènent encore sur Aigle. La loi interdirait deux molosses de vivre sous le même toit, sauf demande d’autorisation. Comment l’ont-ils obtenue, et, s’ils l’ont réellement, pourquoi après cet accident ces deux chiens n’ont-ils pas été séparés? Au niveau de la commune d’Aigle, la Municipalité a du retard en comparaison avec d’autres villes et n’oblige pas certaines races de chiens à porter la muselière. Une décision qui changera en 2012. Une action tardive qui a coûté cher à Béatrice Huaman et à son chien «Larki».

 

Pour soutenir et aider Béatrice Huaman pour les frais vétérinaire :

UBS

243 – G0536214.0