Daniel Frey au commande de sa machine

Daniel Frey est l’un des deux chauffeurs du bus communal assurant le transport dans la ville d’Aigle depuis 2001. Son ancienneté et l’entregent dont il sait faire preuve font qu’il soit fort populaire mais également apprécié par la clientèle. Un entretien à bâtons rompus sur sa passion, à savoir son travail mais également sur ses contacts avec la clientèle.

 

Daniel Frey n’évolue pas seul sur cette ligne comme chauffeur. Ils sont deux conducteurs de bus fixes assistés de deux auxiliaires appelés à les remplacer quand ils sont soit en vacances soit malades. Ils bénéficient également d’une formation dans le cadre du permis de conduire. Dans ce cadre, ils doivent faire cinq jours de cours en cinq ans.

Concernant la sympathie qu’il suscite auprès des usagers du bus communal, Daniel Frey part de l’idée que c’est parce qu’il donne qu’il est apprécié. Notamment en étant gentil avec des gens, être à l’écoute lors des décès des êtres chers de certains clients voire des confidences de la part d’autres usagers. Un brin philosophe, notre personnalité du mois est formelle à ce sujet: «Il faut garder tout cela en vase clos ».

Quant au rôle de confident qui peut lui être attribué face à ces confidences, il indique qu’il y a des personnes du troisième âge qui lui posent des questions ou qui lui racontent leurs problèmes. Il est convaincu qu’il se doit de leur accorder une oreille attentive. Cela, pour lui, revêt une grande importance pour cette catégorie de la population. Surtout que, pour notre interlocuteur, «…nous vivons dans un monde qui vit de plus en plus replié sur lui-même».

 

 

 

Un chauffeur populaire

Prié de dire si sa popularité est liée à son caractère expansif, Daniel Frey précise qu’il n’est pas le seul à être apprécié en affirmant que son collègue l’est tout autant. En plus, il se dit convaincu que son ancienneté sur la ligne aide à une telle popularité. Mais, sinon, avance-t-il: «La compagnie des gens ne me dérange pas dans mon travail.» Et d’évoquer l’exemple d’une dame âgée de 90 ans aimant bien prendre le bus juste pour faire un tour, voir le paysage et avoir des contacts avec les gens. Quand bien même cette attention «particulière» ne fait pas partie du cahier des charges de son emploi, Daniel Frey affirme: «Si l’on peut aider son prochain, pourquoi pas?»

Concernant la prolongation des heures de circulation du bus communal par rapport aux transformations urbaines connues par Aigle, Il explique qu’au départ les heures d’ouvertures du bus communal étaient avant tout calquées sur les heures d’ouverture des magasins. La Migros, à l’époque, n’était pas en bas à la Mêlée mais au centre-ville. Quand celle-ci était fermée, c’était moins loin pour rentrer à pied. Maintenant, c’est un autre environnement. La Migros est en bas, distante de deux kilomètres. Aussi, pour rentrer à pied avec deux cabas en main, cela n’est pas du tout facile.

Cependant, pour lui, cela n’est pas un problème pour les TPC. Mais, plutôt, pour celui de la commune, de la Migros et des centres commerciaux se trouvant dans la zone industrielle. Lesquels devraient se concerter pour savoir s’ils veulent participer ou non financièrement au dossier pour la prolongation de la circulation du bus.

 

Bus à gaz

Quant aux usagers voulant que le bus communal puisse s’arrêter à leur demande, Il a réagi en disant que cela ne peut pas se faire. La raison est liée à la loi sur la circulation routière établissant que l’arrêt de bus doit être protégé. Ce qui implique que toute personne descendant ou montant dans un bus doit être protégée par rapport à la circulation. Toutefois, a-t-il révélé, comme la phase test de la ligne va toucher à son terme, il sera dès lors possible d’avoir des arrêts partout et couverts pour un meilleur service à rendre aux clients.

Aujourd’hui, la ligne communale aiglonne est assurée par un bus à gaz. Celui-ci, encore sous garantie, est le deuxième à être entré en service depuis trois ans après celui qui avait commencé l’expérience. Parfois, il peut être en panne, mais, précise Daniel Frey «…c’est vraiment une technologie de pointe et l’on essaie de rouler propre». Dans l’entretemps, la ligne pourrait avoir encore un deuxième bus en service sur base d’un projet en gestation depuis deux ans, et, ce moment-là, ce bus évoluerait sur un autre parcours à Aigle.