Le Secours alpin romand compte actuellement sept conducteurs de chiens en Romandie pour effectuer des sauvetages. Or, l’effectif idéal pour un fonctionnement optimal s’élève à quinze conducteurs de chiens. C’est pourquoi le Secours alpin a lancé un appel afin de recruter plus de volontaires. Présentation du travail de ces hommes et de leurs fidèles compagnons...

 

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L’hiver étant arrivé, les risques d’avalanches sont eux aussi présents. Il est donc impératif de mobiliser les chiens et leur maître. Actuellement, sept conducteurs de chiens d’avalanche de la section romande du Secours alpin suisse sont opérationnels et mettent leur passion à profit des personnes en détresses. Disponibles 24 heures sur 24, ils doivent pouvoir se rendre au plus vite sur le lieu d’un accident. «Rappelons que dégager une victime d’avalanche dans les quinze premières minutes est le meilleur moyen de préserver ses chances de survie», relève Guido Guidetti, responsable de la formation du Secours alpin romand. Même si les appareils de détection et de localisation des victimes sont de plus en plus nombreux et précis, il ne faut pas les considérer comme une assurance vie, mais ils sont certainement la raison d’une stabilisation du nombre de victimes d’avalanches alors que de plus en plus d’adeptes viennent en montagne. Notons aussi que le taux de réussite de ces sauveteurs n’est pas toujours de 100%, même si chaque année, une ou plusieurs personnes sont retrouvées par des chiens.

 

Une passion ou rien!

Devenir conducteur de chien n’est pas une décision qui se prend à la légère. Au contraire, les contraintes sont nombreuses. Premièrement, il ne s’agit pas d’un travail rémunéré, même si les conducteurs perçoivent une rémunération aux interventions, cette dernière ne couvre pas tous les frais. «Etre conducteur de chien c’est 200 heures d’entraînements, cours régionaux, sorties et encore éducation du chien et Fr. 3000.- par an», note Olivier Roch, responsable du domaine «conducteurs de chiens» du Secours alpin romand. Un véritable investissement donc, en temps, mais aussi en argent. Mais avant cela, faut-il encore passer les tests et avoir les prérequis. Le cursus de ces spécialistes et de leur animal court sur trois ans à raison de deux formations par an. Mais il faut également entre autres résider dans les Alpes ou les Préalpes, être un skieur de randonnée actif, avoir un intérêt pour la médecine d’urgence et une forte compétence sociale. Malgré les contraintes toujours plus élevées, la plupart des sauveteurs font cette activité sur le long terme, c’est à dire que lorsque leurs chiens sont à la «retraite», ils en reprennent d’autres pour continuer ce travail formidable. Généralement ils interviennent aussi en été pour la recherche de personnes disparues. Ces interventions pointues nécessitent alors un entraînement régulier, une bonne hygiène de vie et une certaine rigueur. Plus qu’un énorme investissement... une véritable passion!

 

Comment entrer dans cette famille de sauveteurs?

Vous avez les prérequis nécessaires? Ce n’est que le début. «En général, nous proposons aux personnes souhaitant devenir conducteurs de chiens d’avalanche de nous suivre durant une année afin de découvrir cette activité», explique Olivier Roch. Il n’est donc pas nécessaire d’avoir déjà un chien. Le mieux, est d’en choisir un avant de débuter la formation. La race importe peu, même si certaines sont prédisposées pour ce genre de travail, comme les bergers allemands, les bergers belges, les golden retriever ou labradors. Les chiens doivent débuter leur formation avant leur 48e mois. Au-delà, le risque est trop grand qu’ils échouent. Ensuite, les chiens qui auront passé les multiples tests pourront ensuite sauver des vies tant qu’ils seront en forme. A noter que les chiens et leurs maîtres sont évalués tous les deux ans, et lorsque l’animal atteint ses dix ans, les tests ont lieu chaque année. La différence avec un chien policier, par exemple, c’est que le maître ne va pas donner un vêtement ou un objet appartenant à la personne disparue afin qu’il la recherche, mais le chien va se voir définir une zone de recherche dans laquelle il va évoluer. Le sens du vent est alors très important, «nous devons faire chercher le chien dans le sens du vent afin qu’il puisse détecter la moindre odeur.» S’il trouve quelqu’un, il prend dans sa gueule un bringsel, une sorte de témoin qu’il porte autours du cou. Pour l’animal ce n’est qu’un jeu, mais un jeu qui sauve des vies. En moyenne, lorsque la neige tombe abondamment certaines années, les sauveteurs romands réalisent jusqu’à dix sauvetages durant la saison froide. Ces sauvetages représentent un maillon essentiel de la grande chaîne du sauvetage.

 

Actuellement, il existe encore trois autres spécialisations comme le canyoning, le sauvetage héliporté et les médicaux de stations. Le Secours alpin dispose de treize stations réparties dans toute la Suisse romande, à l’exception du Valais qui dispose de son propre groupement de conducteurs de chiens indépendant de l’Organisation cantonale valaisanne des secours. Son objectif: venir en aide aux personnes en détresse dans les régions alpines et préalpines ou difficilement accessibles. Il s’agit d’une fondation autonome d’utilité publique financée par la Rega et le Club alpin suisse (CAS).

 

Informations

http://bit.ly/SecoursAlpinRomand

 

 

 

Photo: M. Piovesan