Avec l’arrivée prochaine du printemps, c’est la fin de l’hibernation pour beaucoup d’animaux. Les hérissons en font partie, et, malheureusement pour eux, avoir survécu aux temps les plus froids ne les protège pas des dangers des saisons printanières et estivales.

Ce petit animal attendrissant, protégé par des lois en Suisse, ne fait aucun doute sur sa nature lorsqu’on le rencontre. Etant le seul de nos régions à porter des piquants sur le dos, le hérisson est très reconnaissable et souvent bien accueilli. Malheureusement, même s’il possède une espérance de vie de dix ans en captivité, il ne tient guère plus de deux ans dans une nature hostile et se fait ainsi de plus en plus rare.

On le rencontre souvent à la tombée de la nuit dans nos jardins ou en lisière des forêts. Animal semi-diurne, il part en chasse à la recherche de nourriture dès le crépuscule. Il se nourrit généralement de vers, d’insectes, d’escargots, et, plus rarement, de lézards ou de batraciens. S’il est quelquefois attiré dans les jardins, c’est souvent à cause des composts, source chatoyante d’insectes. Craignant le soleil il passe ses journées capitonné sous un buisson ou dans un gîte qu’il s’aménage grâce à des feuilles, et n’en sort que très rarement.

 

L’hiver, première cause de ravages chez les hérissons

Le hérisson se met en quête d’un endroit où passer l’hiver dès la fin de l’automne. Il va trouver son bonheur dans des lieux protégés du vent et du froid; tels que sous des arbustes, des tas de bois ou de feuilles. Il va ensuite se constituer un nid douillet grâce à de la mousse et des feuilles. L’hibernation peut alors commencer! Son corps se met en léthargie dès que la température descend en dessous de 10°C. Il va, durant les quatre à cinq mois de son hibernation, se réveiller à plusieurs reprises lorsque le froid devient insoutenable et  brûler à chaque fois une partie de ses réserves énergétiques en repartant à la recherche d’un peu de nourriture. C’est ainsi que beaucoup ne survivent pas à des hivers trop longs et trop froids.

 

Quelles que soient les conditions, le hérisson sort de son hibernation au mois d’avril. Commence alors la période de rut, qui va durer jusqu’en septembre. La femelle met bas de quatre à sept petits après une gestation de cinq à six semaines, et cela jusqu’à deux fois par année.

 

Les dangers des périodes plus douces

Une fois l’hiver passé, les hérissons ne sont pas au bout de leurs peines.

Ils doivent faire face à un monde hostile plein de dangers. Beaucoup de femelles sillonnant leur région à la recherche de nourriture sont tuées, ce qui engendre la mort de leurs petits attendant patiemment de quoi manger. Il existe une multitude de causes à ces morts précoces. Dans la nature, les hérissons sont très sensibles à des maladies infectieuses qui leur sont fatales. De plus, ils ont malheureusement un grand nombre de prédateurs, tels que le renard, la buse, le hibou, le sanglier ou la fouine. Une grande partie se fait écraser sur les routes. Et les dangers ne s’arrêtent pas aux grillages de nos jardins: les chiens et les chats aiment en faire leur proie. Ils peuvent aussi y ingérer des pesticides ou se noyer dans les piscines.

 

Petits gestes de chacun

De simples gestes peuvent aider ces petits animaux sans défense. Le fait, par exemple, de maintenir des haies dans le jardin pour qu’ils puissent s’y abriter la journée, ou, en cas de sécheresse prolongée, leur laisser des restes de repas et un peu d’eau (surtout pas de lait car contrairement au Hommes, les hérissons ne possède pas de bactérie, dite E-Coli, dans l’estomac permettant de digérer le lait!). Attention toutefois à ne pas leur donner à manger tout au long de l’année; ils ne doivent pas se détourner de leurs proies naturelles. De plus, évitez de brûler les feuilles sèches en hiver et au printemps, et de répandre des produits chimiques dans le jardin. Sur les routes, roulez prudemment, le trafic routier est, d’après une étude récente, la principale cause de mortalité des hérissons!

 

Si vous avez une âme de samaritain, vous pouvez laisser une caisse en bois recouverte de feuilles dans le jardin; il s’en fera un douillet habitat! Et, surtout, ne capturez pas ces petites bêtes, il en va de la survie de la génération suivante qui attend sagement maman au foyer! Dans le cas où vous trouveriez un petit abandonné, adressez-vous à une SPA, elle s’occupera des soins très délicats que demande ce petit mammifère. Tout cela contribuera sûrement, au fil du temps, à la recrudescence de ces animaux si particuliers.